Concours de photographie « Police Scientifique »

Le site police-scientifique.com organise son premier concours de photographie avec de nombreux lots à gagner dont un appareil photographique Reflex Nikon ! Vous n’êtes pas photographe ? Vous pouvez aussi participer au tirage au sort en vous abonnant à notre nouveau compte instagram et peut-être gagner un livre « police scientifique les experts au cœur de la scène de crime ».

Concours photo instagram « police scientifique »

Les participants devront réaliser un cliché en lien avec la police scientifique ou un domaine la composant. Traces de semelles photographiées en lumière rasante, traces luminescentes, scènes de crime nocturnes ou recherches de traces au crépuscule, jeu d’ombres et de lumières mettant en évidence des indices, rubalise « zone interdite » devant une scène de crime, fibres colorées, traces papillaires, il faut trouver un bon sujet et laisser sa  créativité faire le reste. Le thème du concours est vaste mais précieux dans la police scientifique : la lumière.

Cinq photos seront récompensées dans deux catégories distinctes, le prix du jury (décerné par deux photographes professionnels et un personnel de police scientifique) et le prix du public. Il est possible de jouer dans les deux catégories mais avec des photographies différentes.

Concours de photographie « police scientifique » : les lots à gagner

Le prix du jury, deux lauréats :

1er lauréat – Un appareil photographique Reflex Nikon D3500 avec objectif 18-55mm 3.5-5.6G VR, une sacoche et une carte SD 16Go (soit un lot d’une valeur de 538€TTC) un appareil que l’on trouve chez photo-univers.fr avec 3 ans de garantie

2ème lauréat – Un sac à dos DIMATEX BRACO (valeur 157€TTC) fourni par la société de produits de police scientifique MD-TECH incontournable dans les produits spécialisés de PTS.

Le prix du public, deux lauréats :

1er- Un livre dédicacé « Police scientifique : les experts au cœur de la scène de crime » (valeur 24,95€TTC)

2ème- Un mug Police scientifique cyano (valeur 16€TTC)

Le tirage au sort, un gagnant :

Un livre « Police scientifique : les experts au cœur de la scène de crime » (valeur 24,95€TTC)

Concours photo « police scientifique » : comment participer ?

Pour participer deux options :

Option 1, abonnez-vous à notre compte instagram publiez une à trois photographies (maximum) légendée(s) sur votre compte en identifiant notre compte @site.police.scientifique et en rajoutant dans votre description les mots #ConcoursPhotoPTS et #policescientifique.com.

Option 2, envoyez 1 photographie à l’adresse mail concours@police-scientifique.com avec une courte description de la photographie (exemple : trace de semelle ensanglanté, trace papillaire sous lumière diffuse…). La photographie devra être au format JPEG.

Aussi, un tirage au sort désignera un gagnant parmi les nouveaux abonnés instagram.

Les photographies publiées (ou envoyée par mail) seront soumises au jury qui attribuera le « prix du Jury » (cf. présentes conditions générales)

Concours photo police scientifique : quand jouer ?

La ou les photographies devront être envoyées ou postées avant le 13 décembre 2019. Les résultats seront publiés le 20 décembre 2019.

Conditions de participation et du concours photo « police scientifique » 2019

  • Être majeur
  • Résider en France métropolitaine
  • Si participation via Instagram, avoir un compte instagram public et s’abonner au compte @site.police.scientifique, ajouter les hashtags : #police-scientifique.com et #ConcoursPhotoPTS et identifier le compte @site.police.scientifique (faire un tag) pour que nous visualisons votre photo et comptabilisons votre participation.
  • Si participation par mail, une seule photographie légendée acceptée par participant qui devra indiquer dans le mail son nom et prénom. Les photos transmises au Jury seront anonymisées.

Il ne vous reste plus qu’à attendre le 20 décembre 2019 pour savoir si vous êtes le gagnant du #ConcoursPhotoPTS.

Conditions générales et règlement du concours photo « police scientifique » 2019

Le participant doit être titulaire des droits d’exploitation de la photographie qu’il soumet au concours. La photographie réalisée doit être une création personnelle du participant, qui certifie être l’auteur de la photographie soumise, garantit son originalité et garantit avoir obtenu préalablement l’autorisation écrite des personnes identifiables.

Toute participation considérée comme dangereuse, vulgaire, offensante, indécente, illégale, raciste, copiée, cruelle ou frauduleuse, ou qui enfreint les droits ou le copyright d’autrui sera immédiatement disqualifiée.

Le concours est ouvert aux personnes majeures et aux résidents Français uniquement.

Les participants au concours ont pris connaissance et accepté les présentes conditions générales.

Diplômes universitaires de : Criminalistique et Analyse de documents

Nouveau DU de Criminalistique 

 

Ouverture d’un nouveau DU en criminalistique à l’Université de Cergy-Pontoise . Cette formation est construite en partenariat avec le Pôle Judiciaire de la Gendarmerie Nationale (PJGN), pôle d’expertise dédié à la criminalistique et à l’intelligence judiciaire.

Les matières abordées dans ce DU criminalistique constituent un socle de connaissances indispensables à celui ou à celle qui souhaite mieux connaître les techniques destinées à établir une preuve dans une enquête.

 

Publics concernés

Cette formation est destinée à un large public :

  • Médecins, dentistes et professionnels du secteur médical ou paramédical ;
  • Avocats, magistrats et plus largement personnes évoluant dans le secteur de la justice ;
  • Journalistes ; détectives-privés ; commissaires-priseurs ; notaires ;
  • Personnels ou agents évoluant dans les secteurs bancaires, de l’assurance, de l’administration fiscale ;
  • Personnels d’entreprises ou d’administrations évoluant dans le secteur de la sûreté, de la sécurité et de la défense ;
  • Gendarmes, policiers (non spécialistes en criminalistique) .
  • Toute personne intéressée par la criminalistique.

 

Objectif et intervenants

Le DU criminalistique a pour ambition de permettre aux apprenants d’acquérir des connaissances pratiques dans le domaine des sciences forensiques. Elle permet de se documenter sur l’étude des indices, leurs interprétations scientifiques et leurs forces probantes.

La majeure partie des intervenants de cette formation seront des intervenants du PJGN et des enseignants chercheurs de l’université de Cergy-Pontoise. Les cours auront lieu dans les locaux du PJGN : 5 boulevard de l’Hautil  à Cergy-Pontoise (RER Cergy-Préfecture).

Les enseignements dispensés seront complétés par la visite de laboratoires de recherche universitaire ainsi que par une visite de l’IRCGN (Institut de Recherche Criminelle de la Gendarmerie Nationale).

« L’ADN, les traces, la balistique, l’accidentologie n’auront plus de secret pour vous »

 

Le programme

Module 1 : La criminalistique appliquée à l’identification humaine

– Historique de la PTS
– L’importance de la médecine légale

Module 2 : La criminalistique de la scène de crime à l’expertise en laboratoire

– L’utilisation de l’ADN dans l’enquête
– Les traces : papillaires, semelles et autres
– Les apports de la balistique

Module 3 : La criminalistique et les sciences

– L’accidentologie
– Le faux et les documents
– La preuve numérique

Module 4 : La criminalistique et l’enquête

– L’utilisation des données pour élaborer une information
– L’assurance qualité : le gage de la traçabilité

Module 5 : Les enjeux de la criminalistique

– Le travail interdisciplinaire
– Les enjeux

 

Conditions et modalités d’inscriptions :

  • Bac +2 minimum ou équivalent
  • 100h de formation en présentiel
  • 5 sessions de 3 jours par mois
  • Contrôle continu

 

Calendrier

Ce DU ouvrira en janvier 2020 (si les conditions d’effectif minimum sont respectées).

Session 1 : 27 au 29/01/2020
Session 2 : 24 au 26/02/2020
Session 3 : 23 au 25/03/2020
Session 4 : 27 au 29/04/2020
Session 5 : 03 au 05/06/2020

Tarif : 3400€

Contacts

Sfia.cherubin-jeannette@u-cergy.fr
stephanie.lemarec@u-cergy.fr
Formation.continue@ml.u-cergy.fr

Lien vers la page: https://www.u-cergy.fr/fr/formation-continue/diplomes-universitaires-specifiques/du-criminalistique.html

 

 

DU Analyse de documents

 

2ème promotion du DU Analyse de document, également proposé par l’Université de Cergy-Pontoise et en partenariat avec le Pôle Judiciaire de la Gendarmerie Nationale (PJGN).

Articulé autour d’un tronc commun et de deux parcours différents (comparaisons d’écritures et fraude documentaire), le DU Analyse de Documents permet d’acquérir les connaissances théoriques et pratiques de base en analyse de documents. A l’issue des six mois de formation,  les stagiaires sont en mesure de répondre aux questions relatives à l’émission et à l’usage d’un document : A quoi ai-je affaire? Quels moyens ont été utilisés? Qui en est l’auteur ?

A l’heure actuelle, c’est le seul diplôme universitaire français qui prépare aux métiers de la comparaison d’écritures ou de la fraude documentaire. Ce diplôme répond à un besoin bien identifié dans nos sociétés contemporaines, où les faux constituent un fléau pour l’administration française, mais aussi pour les banques, les assurances, les notaires etc.

 

Publics concernés

Cette formation est composée de deux parcours et d’un tronc commun. Chaque stagiaire sera affecté à un seul et unique parcours, soit le parcours fraude documentaire soit le parcours comparaison d’écritures, après validation par le jury d’admission.

Le parcours « comparaison d’écritures » est ouvert à toute personne qui souhaite se former et se spécialiser dans la comparaison d’écritures. La promotion peut compter des étudiants, des salariés en formation continue, des demandeurs d’emploi, des personnes en reconversion professionnelle par exemple. Les profils pouvant prétendre à l’entrée en formation sont très variés : avocats, notaires, commissaires-priseurs, banquiers, assureurs, graphologues, experts en documents anciens, autographes,  candidats à une inscription sur une liste de cour d’appel, enquêteurs privés etc.

Le parcours « fraude documentaire », est destiné prioritairement aux militaires de la gendarmerie nationale appelés à exercer la fonction particulière d’Enquêteur Fraude Documentaire (EFD), peut également admettre un public issu d’autres administrations, après validation de leur candidature par le jury d’admission.

 

Objectifs et compétences visées

Le DU « Analyse de documents » a pour ambition, d’une part de former de futurs spécialistes capables d’accompagner les administrations publiques et les entités privées engagés dans la lutte contre la fraude documentaire (Justice, Police, administration fiscale, banque, assurance, cabinet de notaire, avocat, détective privé, commissaire-priseur…).

Pour l’équipe pédagogique, composée d’universitaires et de gendarmes, il s’agit de donner un socle commun de connaissances relatives à la conception d’un document et à l’interprétation des données observées. Au cours de ce cursus, les stagiaires apprennent à détecter et à capter les éléments constitutifs d’une fraude mettant en œuvre des documents.

D’autre part, le domaine d’expertise en comparaison d’écritures exige une homogénéisation du niveau de compétences à l’échelle de la France et même de l’Europe. La pratique de l’analyse de documents doit recourir à des méthodes plus fiables et reconnues de tous.

 

Programme de la formation

Le DU s’articule autour d’un tronc commun qui sera suivi par tous les stagiaires et de deux parcours au choix : comparaison d’écritures ou fraude documentaire.

pr 

 

Conditions et modalités d’inscriptions :

  • Le parcours « comparaison d’écritures » est ouvert aux candidtas possédant un Bac +2 minimum ou équivalent. Il serait souhaitable que les candidats soient en mesure de lire des textes en anglais. Certaines lectures techniques seront conseillées telle que « Huber & Headrick’s Handwriting Identification » ; H.H. Harralson & L.S. Miller ; crc press 2018 ISBN 978-1-4987-5130-8.
  • Le parcours « fraude documentaire » est ouvert aux candidtas possédant un Bac +2 minimum ou équivalent. Le recrutement est interne aux institutions étatiques.

Une présélection est faite sur dossier de candidature.

Entretien avec le/les responsables de la formation.

 

Informations clés :

  • Volume de 175h de formation
    • Tronc commun : 67h
    • Parcours : 108h
    • Examen : 8h
  • 1 semaine par mois de janvier à juin
  • Les cours auront lieu dans les locaux du PJGN sis, 5 boulevard de l’Hautil  à Cergy-Pontoise, Ainsi que dans les locaux de l’UCP : 33 boulevard du Port, 95011 Cergy-Pontoise

 

Calendrier parcours « comparaison d’écriture »

Session 1 : 13 au 17/01/2020
Session 2 : 03 au 07/02/2020
Session 3 : 02 au 04/03/2020
Session 4 : 30/03 au 01/04/2020
Session 5 : 20 au 22/04/2020
Session 6 : 11 au 13/05/2020
Session 7 : 08 au 10/06/2020
Examen : 01 et 02/07/2020

Calendrier parcours « fraude documentaire »

Session 1 : 13 au 17/01/2020
Session 2 : 03 au 07/02/2020
Session 3 : 02 au 06/03/2020
Session 4 : 30/03 au 03/04/2020
Session 5 : 08 au 12/06/2020
Examen : 01 et 02/07/2020

 

Inscriptions et contact

sfia.cherubin-jeannette@u-cergy.fr
formation.continue@ml.u-cergy.fr
Téléphone : 01 34 25 63 03

Lien vers le site: https://www.u-cergy.fr/fr/formation-continue/diplomes-universitaires-specifiques/du-analyse-de-documents.html

Revue littéraire: La science à la poursuite du crime de Pierre Piazza et Richard Marlet

Pierre Piazza et Richard Marlet vous proposent de plonger au cœur de l’histoire de la police scientifique en France grâce à cet ouvrage passionnant et remarquablement illustré. Découvrez ainsi le travail de nos experts depuis Alphonse Bertillon jusqu’à aujourd’hui.

La police scientifique connait ses balbutiements aux débuts des années 1880 grâce à Alphonse Bertillon qui pose les fondements d’une nouvelle logique policière : l’exploitation d’indices matériels pour résoudre des enquêtes. Il mettra en place, entre autres, l’anthropométrie judiciaire pour identifier les récidivistes ; la photographie métrique pour l’exploitation des scènes de crimes ; et bien que réfractaire à l’utilisation des empreintes digitales dans un premier temps, il prend soin de ne pas occulter totalement cette technique en relevant les empreintes digitales de la main droite des malfaiteurs dès 1896. L’histoire retiendra même qu’il est le premier à identifier un auteur par dactylotechnie en France (la première identification dans le monde est celle réalisée par Juan Vucetich dans l’affaire Francisca Rojas).

D’une rigueur sans précédent Alphonse Bertillon permettra la naissance de l’identité judiciaire en France, discipline qui ne fait que se perfectionner depuis.

Ce très beau livre comporte plus de 900 visuels de la fin du XIXe jusqu’à aujourd’hui. Il illustre l’évolution de la PTS et des affaires qui l’ont marquée : les attentats anarchistes de la Belle Époque, le procès d’Alfred Dreyfus, l’affaire Grégory, les tueurs en série Thierry Paulin, Denis Waxin et Guy Georges, la petite martyre de l’A10…

Sous le regard croisé du maître de conférences en science politique et du policier spécialiste de la police technique et scientifique, l’ouvrage montre comment nos «hommes en blanc» ont peu à peu investi la scène de crime, et ont appris à faire parler la matière en observant au-delà du visible.

 

Les auteurs :

Richer Marlet, commissaire divisionnaire honoraire, fut le directeur de l’identité judicaire du 36, quai des Orfèvres de 1995 à 2005, faisant de lui le 13ème successeur d’Alphonse Bertillon. Il est également l’auteur des Experts entrent en scène.

Pierre Piazza est maître de conférences en science politique à l’université de Cergy-Pontoise (CESDIP/LEJEP/CLAMOR). Il est l’auteur de nombreux ouvrages et articles scientifiques consacrés aux documents d’identité, aux fichiers de police, à la biométrie, à la police technique et scientifique.

Commandez-le ici.

 

Autour du livre

Dans le cadre de la sortie du livre une exposition lui est consacrée. « La science à la poursuite du crime » sera exposé du 14 septembre 2019 au 18 janvier 2020 aux Archives Nationales, sur le site de Pierrefitte-sur-Seine. Pour en savoir plus : http://www.archives-nationales.culture.gouv.fr/parcours-de-l-exposition-la-science

 

 

Un article de Didier Porte pour © www.police-scientifique.com , tous droits réservés

Interview de Gilles REIX, auteur de « L’arme du crime »

Rencontre avec Gilles REIX co-auteur de « L’arme du crime » publié le 10 juillet aux éditions ESKA.

Bonjour M. REIX, pouvez-vous nous présenter brièvement votre parcours ?

Je suis entré dans la police en 1983 en tant que Gardien de la Paix. J’ai tout d’abord été affecté au commissariat de police de Saint-Cloud dans les Hauts-de-Seine, où j’ai été détaché rapidement dans l’équipe des inspecteurs de police. J’y suis resté une dizaine d’années et en 1994 j’ai demandé une affectation en Identité Judiciaire. C’était la période où ils commençaient à créer des SLPT (Service Local de Police Technique et Scientifique) en région Parisienne. Je ne savais pas trop ce que c’était réellement, mais ça m’attirait. J’ai donc été affecté dans le 92 à Nanterre puis à Chaville, en 2000 j’ai fait ma demande pour aller à l’IJ PP (ndlr service d’Identité Judiciaire de la Préfecture de Police de Paris), je voulais faire des affaires criminelles ! J’ai été affecté à la permanence judiciaire, on sortait sur les scènes de crimes et c’est à ce moment-là que j’ai rencontré Perrine (ndlr Perrine ROGIEZ-THUBERT co-auteur du livre). Perrine est capitaine de police, elle est responsable de section dactylotechnie et des groupes de nuit. Pour ma part, je suis resté à la permanence jusqu’en 2011 puis je suis passé au groupe des traceurs, je suis maintenant à l’État-Major du service.

Quel est le rôle de l’État-Major dans un service d’IJ?

A l’Etat-Major, on assiste les chefs : on s’occupe des statistiques, on gère le personnel. Nous sommes 180 au SRIJ (Service Régional d’Identité Judiciaire) de Paris, il y a plusieurs grosses sections. On doit gérer les sorties, en fait, toutes les demandes extérieures transitent par nous. On est un peu un couteau suisse. Le siège du SRIJ est maintenant au 36 rue du Bastion et on gère également les antennes qui sont à Nanterre, Bobigny et Créteil.

Pouvez-vous nous parler des différentes sections au sein du SRIJ de Paris ?

Il y la section dactylotechnie qui s’occupe de tout ce qui est empreinte digitale. Dans cette section il y a ceux qui sortent, qui vont sur le terrain pour s’occuper des recherches de traces papillaires ; il y a également le groupe qui s’occupe des examens chimiques qu’on appelle un plateau technique ; et enfin il y a le groupe des traceurs qui appartient à cette section. Le traceur c’est celui qui exploite les traces papillaires digitales et palmaires retrouvées sur les scènes d’infraction et qui les rentrent au FAED pour pouvoir les comparer à la collection d’individus déjà signalisés. En tout ils sont une quarantaine.

Il y a la section photos-plans, ils sortent également sur les scènes d’infraction et font les photos et les plans… Ils s’occupent également des portraits robots et ils assistent aux autopsies.

Il y a une 3ème section qui est la section dactyloscopie, le FAED. Ils intègrent toutes les fiches de signalisations qui leur parviennent des bases techniques, SLPT etc.. Ils font le contrôle qualité et les intègrent à la base de données du FAED.

La 4ème grosse section ce sont les traces technologiques. C’est tout ce qui est vidéo-téléphonie et le son mais c’est surtout la téléphonie. C’est une section qui a vraiment explosé au cours des 10 dernières années. Il y a vraiment beaucoup de téléphones saisis dans les affaires et qu’il faut exploiter au plus vite.

Il y a ensuite tout un tas de petits groupes : la logistique, le secrétariat, une unité de formation et communication etc…

Vous avez écrit l’arme du crime, un livre sorti cette année qui propose au lecteur de découvrir l’illustre carrière des instruments du crime. Pouvez-vous nous parler de votre livre ? Où avez-vous trouvé votre inspiration ?

En 2013 nous avons participé au 100ans de la police judiciaire, nous avions organisé des conférences et des interventions. A la suite de cet événement, Jacques PRADEL nous avait demandé de participer à son émission pour parler de la 1ère affaire résolue grâce aux traces papillaires: L’affaire Scheffer, où Bertillon a fait sa 1ère identification grâce aux traces papillaires. A la fin de l’émission, M. PRADEL nous a demandé si on avait un projet de livre et que si c’était le cas il nous recevrait à nouveau avec plaisir. Nous avons trouvé l’idée bonne mais quel sujet serait intéressant, un peu original, différent de ce qui a déjà été publié ? C’est à ce moment-là qu’on a pensé aux armes du crime. Au musée de la Police à Paris, comme à Lyon d’ailleurs, il y a des armes présentées dans des vitrines et simplement avec une petite description sur une étiquette. Mais on ne sait pas vraiment toute l’histoire qu’il peut y avoir derrière. On a eu l’idée de partir de ces armes et de reconstituer les histoires en fouillant les archives à notre disposition.  On a raconté ces histoires sous forme de petites nouvelles de quelques pages, il y en a une cinquantaine dans le livre. A la fin de chaque histoire on raconte comment la PTS contemporaine aurait pu traiter l’affaire. C’est ludique et abordable.

Est-ce que vous avez été amené a traité une affaire où une arme hors du commun avait été utilisée ?

Beaucoup de crimes ne sont pas préparés, l’auteur prend souvent ce qu’il trouve, ce qu’il a sous la main. C’est souvent des armes blanches ou des armes à feu. Une fois on a eu une arbalète, c’était plutôt original, on a aussi eu un lance-roquette. C’était sur une perquisition, mais cela reste exceptionnel. On a plus souvent des armes traditionnelles ou des armes de guerre surtout dans tout ce qui est règlement de compte. On a aussi eu des machettes, des coupe-coupes. Heureusement on n’a pas ça tous les jours non plus.

Avez-vous une anecdote à nous raconter, une affaire qui vous à marqué ?

On a eu une affaire où l’auteur a traité sa victime de façon très surprenante à mon sens. L’auteur connaissait très bien sa victime puisqu’il s’agissait de sa grand-mère. Il était schizophrène, il s’était rendu chez elle et l’avait tuée puis décapitée avec une arme blanche. Il avait ensuite mis la tête dans un sac poubelle, pour ne pas la voir, pour ne pas qu’elle le voit faire. C’était vraiment une mise en scène étrange. Le jeune auteur devait être placé quelques jours après dans un hôpital psychiatrique par ses parents…

Une autre histoire m’a vraiment marqué. Suite à un vol à la fausse qualité, je me déplace chez une personne âgée un soir assez tard. Rien n’avait été volé, on arrive, le petit vieillard était très gentil, on lui demande ce que les auteurs ont touché : « rien du tout ». Je lui demande alors s’il y a quelque chose qui lui tient à cœur, s’il ne veut pas vérifier que c’était toujours là. Il se précipite dans sa chambre et revient avec une petite boîte en bois mais sans aucune valeur, une petite boîte toute simple avec juste une rose gravée au-dessus. Je reste un peu perplexe et là il commence à m’expliquer pourquoi cette boîte lui tient tellement à cœur. Il s’assoit en face de moi et relève la manche de son bras gauche et je vois un numéro tatoué sur son avant-bras. Il était menuisier, de confession juive et avait été déporté dans un camp de concentration durant la seconde guerre mondiale. Il fabriquait ces boîtes qu’il échangeait contre du pain à des gardiens, c’est comme ça qu’il a réussi à survivre et à nourrir ses compagnons de chambrée. Je suis resté avec lui plus de 2h, à parler de sa vie. Je m’étais déplacé sur une affaire où il ne s’était finalement rien passé mais j’ai pris une leçon d’histoire et d’humanité qui m’a marqué à vie. Des fois les scènes les plus impressionnantes ne sont pas forcément les plus complexes et sanglantes, c’est aussi ça la beauté de notre métier, pouvoir rencontrer et découvrir des personnes et des lieux qu’on n’aurait jamais eu l’occasion de côtoyer.

Merci M. REIX pour le temps que vous nous avez accordé.

« L’arme du crime » propose au lecteur de découvrir l’illustre carrière des instruments du crime à travers une cinquantaine d’affaires criminelles historiques connues ou moins connues (de 1610 à 1946). Du couteau de Ravaillac à l’œilleton de Petiot, en passant par les recettes empoisonnées de la Brinvilliers. Le lecteur, immergé dans les scènes de crime racontées comme autant de petites nouvelles avec le jargon policier, suivra la piste de ces objets criminels insolites.

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Une interview de ©www.police-scientifique.com – Tous droits réservés

L’intelligence artificielle au secours de la police

Nous sommes en 2019 et l’intelligence artificielle est de plus en plus présente dans notre quotidien : elle donne non seulement la parole à nos smartphones mais contrôle désormais nos équipements, gère notre fil d’actualité, cible nos publicités, contrôle automatiquement nos passeports, nous conduit, mais permet également de prédire les futurs crimes ! Vous rappelez-vous de Minority report ? Ce film avec Tom Cruise qui décrit un futur dystopique où les criminels sont arrêtés avant même de passer à l’acte ?! En 2002, date de sortie du film, ce scénario nous paraissait improbable et pourtant de plus en plus de service de police utilisent des logiciels de police prédictive basé sur l’intelligence artificielle.

Minority Report avec Tom Cruise
Minority Report, un film de Spielberg sorti en 2002

Qu’est-ce que la police prédictive ?

En théorie, la police prédictive se base sur l’exploitation des algorithmes d’apprentissage machine (machine learning) intégrant des modèles statistiques complexes. Ça parait compliqué comme ça mais plus simplement : il s’agit d’un logiciel permettant de traiter une grande quantité d’informations afin de déterminer où et quand de futurs crimes pourront se dérouler. Certains logiciels prévoient même de donner l’identité du futur auteur et de victimes potentielles.

Les premiers logiciels de police prédictive sont apparus aux États-Unis à la fin des années 90. Le logiciel le plus rependu s’appelle Predpol. Cet outil identifie les zones à risque (hotspot), lieu où le crime a le plus de risque de survenir suivant le modèle statistique utilisé en sismologie. Ce service a convaincu plusieurs dizaines de villes aux États-Unis. Le logiciel compile les données des procès-verbaux, des suivis d’arrestations mais aussi des appels au 911 (le 17 américain). Puis le logiciel va mettre en avant les endroits où les crimes sont susceptibles de se passer afin de « prédire » les lieux à surveiller en priorité. Predpol se concentre sur des lieux et non sur des personnes. Les types d’infractions concernées sont les cambriolages, les vols de voitures et les vols dans les lieux publics.

Captures d’écran du logiciel Predpol : sur la carte de gauche sont encadrés les « hotspots », le tableau de droite compile les informations sous forme de tableaux statistiques.
Captures d’écran du logiciel Predpol : sur la carte de gauche sont encadrés les « hotspots », le tableau de droite compile les informations sous forme de tableaux statistiques.

Twitter, Instagram, Facebook deviennent les nouveaux alliés de la police scientifique.

Détection des futurs criminels

Des logiciels permettent en effet de prédire qui va potentiellement commettre un crime ou être victime d’un tel acte. L’un des plus connus aux États-Unis est l’outil prédictif utilisé à Chicago pour permettre d’identifier des auteurs potentiels d’infractions en se basant sur les casiers judiciaires mais aussi l’analyse de réseaux sociaux des individus. Twitter, Instagram, Facebook deviennent les nouveaux alliés de la police scientifique.

Cet outil, dénommé Strategic Subject List (SSL), est plus communément connu sous le nom de « Chicago Heat List ». Il permet d’établir la probabilité qu’un individu soit engagé dans une fusillade, comme victime ou auteur.

Encore plus proche de nous, nos voisins anglo-Saxons testent actuellement un algorithme de surveillance de masse à base d’intelligence artificielle. Le système, appelé le National Data Analytics Solution (NDAS), utilise une combinaison d’intelligence artificielle et de statistiques pour essayer de déterminer les risques qu’une personne commette un crime avec une arme (blanche ou à feu) ou tombe victime d’un tel acte.

Mais contrairement au film Minority Report, les polices de Chicago et du Royaume-Uni n’arrêtent pas les futurs auteurs potentiels mais offrent à ces derniers des moyens d’encadrement et de soutiens, afin d’éviter tout comportement criminel.

Ces logiciels très prometteurs ne peuvent actuellement pas être mis en place en France, le fait d’étudier des données à caractère personnel est strictement interdit dans notre pays, du fait du non-respect de la vie privée.

L’intelligence artificielle en France

En 2016, la gendarmerie a testé un logiciel appelé Predvol, il s’agissait d’un outil interne expérimenté dans l’Oise et qui avait pour but d’anticiper le vol de véhicules en fonction de la zone géographique. Le logiciel, en se basant sur des données statistiques des 5 dernières années, permettait de mettre en avant les zones à risques afin que les gendarmes puissent se concentrer sur ces zones.

Capture d’écran du logiciel Predvol
Capture d’écran du logiciel Predvol

Malheureusement l’expérimentation n’a pas été concluante, selon les testeurs les calculs ont tendance « à faire ressortir toujours les mêmes spots, les mêmes points chauds aux mêmes endroits ». Autrement dit, il n’apportait pas d’information supplémentaire. Au vu du bilan, cet outil a finalement été abandonné, mais les gendarmes n’en sont pas restés là.

Depuis 2018 un autre logiciel d’analyse prédictive de la délinquance est utilisé en France : Paved. Il s’agit d’un logiciel crée par les gendarmes qui permet d’accéder à une carte de France avec des zones de chaleur correspondant à des cambriolages ou atteintes aux véhicules. Ce logiciel fonctionne avec des données de la police et de la gendarmerie, combinées avec des données socio-économiques (type INSEE). Toutes les données font l’objet d’une anonymisation afin de garantir la protection de la vie privée.

Les autres applications de l’intelligence artificielle

Au cours d’un discours début juin 2018, l’ancien ministre de l’Intérieur Gérard Collomb a évoqué l’intelligence artificielle et son utilité pour les forces de l’ordre : « En matière d’exploitation des images et d’identification des personnes, on a encore une grande marge de progression. L’intelligence artificielle doit permettre, par exemple, de repérer dans la foule des individus au comportement bizarre ».

L’intelligence artificielle pourrait également permettre de traiter une large quantité de vidéos, par exemple, si on récupère vingt-quatre heures d’images de surveillance, il faudrait des centaines d’enquêteurs pour les visionner. Mais maintenant avec les progrès de l’intelligence artificielle, nous sommes capables d’identifier qu’il ne se passe rien sur telle séquence, et donc de la passer, ou encore de dire aux ordinateurs de reconnaître un visage.

L’institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN) travaille sur plusieurs projets d’intelligence artificielle appliquée à la criminalistique, notamment vers tout ce qui est orienté image. In fine, l’intelligence artificielle permettrait de traiter les images, comparer les écritures, lire sur les lèvres et bien plus encore.

En Belgique, un logiciel d’analyse de renseignements criminels basé sur l’intelligence artificielle aide la police à résoudre ses enquêtes, en explorant, entre autres, des pistes sur lesquelles des agents de chair et d’os ne se seraient pas forcément aventurés, faute de temps, de moyens, d’impartialité… En Espagne un logiciel en phase de test permettrait de repérer les fausses plaintes.

Les possibilités d’exploitation de l’intelligence artificielle en matière de police semblent infinies.

Révolution ou invasion ?

En Europe et aux États-Unis nous sommes encore loin du scénario de Minority Report et ses arrestations préventives mais en Chine c’est déjà le cas. Depuis 2016, des arrestations préventives ont eu lieu sur la base de prédiction établie par des logiciels exploitant les big data (mégadonnées). Le gouvernement chinois exploite, entre autres, les images des vidéosurveillances avec reconnaissance faciale, les mouvements bancaires, les données de santé, les connexions WiFi.

De quoi s’interroger sur les problématiques de l’intelligence artificielle quant au respect de la vie privée…

La reconnaissance faciale en Chine
Image d’un centre de contrôle lors d’une exposition en Chine. Les visiteurs sont filmés par des caméras de sécurité intégrant la reconnaissance faciale.

 

Un article de Didier Porte pour © www.police-scientifique.com , tous droits réservés

Police scientifique et « true crime stories » les nouvelles séries à ne pas manquer

Quelle série évoquant la police scientifique est vraiment immanquable ?

Disons le franchement : je n’ai jamais été un grand fan de séries TV, encore moins celles qui mettent à l’honneur la police scientifique. Pourtant fiction n’est pas synonyme de navet. Dans cet article, je n’ai pas la prétention de me transformer en critique cinématographique mais j’espère vous faire découvrir quelques pépites.

Comme un médecin devant Urgences ou Grey’s anatomy, je suis toujours resté sceptique devant NCIS ou Les experts. Aussi, après avoir assisté à une autopsie l’après midi, Bones ou Body of proof ne sont pas les meilleures fictions pour se détendre.

Concernant ces séries “classiques”, il m’est arrivé de commencer à regarder un épisode de CSI mais j’ai vite décroché en voyant un enquêteur en costume, arme à la ceinture, réaliser un écouvillon sans mettre son petit masque blanc. Et la pollution ? Il est vrai que les personnels de police scientifique ne sont pas toujours glamours avec leur charlotte blanche sur la tête et il faut bien faire de l’audimat. Je vais donc éviter de vous parler de ces séries entièrement dédiées à la police scientifique pour me concentrer sur les séries plus crédibles qui évoquent de vraies affaires criminelles.

Police scientifique et séries TV : un tour d’horizon de Making a murderer à Mindhunter

Ces dernières années, j’ai découvert de très bonnes productions qui évoquent des affaires criminelles et qui présentent des analyses ou des experts de police scientifique avec vérité et précision. Pour certaines séries, j’ai d’ailleurs eu du mal à décrocher et j’ai bien envie de partager avec vous ces petites merveilles :

L’immanquable « Making a murderer »

Une histoire incroyable où la police scientifique est au tout premier plan.

Notes : 8,6/10 sur IMDB et 4,3/5 Allocine
Disponible sur : Netflix
Année de production : 2015 (saison 1) – 2018 (saison 2)

Le héros « malheureux » de cette série, Steven Avery est d’abord accusé d’un viol et d’un meurtre en 1985. Après 18 ans passés en prison, il est finalement libéré, puis innocenté, grâce à de nouvelles analyses ADN. Ce retournement de verdict est assez rare mais pas exceptionnel aux États-Unis, puisque chaque année, de nombreuses personnes sont innocentées grâce à l’association Innocence Project. La série passe rapidement dans une autre dimension lorsque Steven Avery, encore lui, est accusé, du viol et du meurtre de Teresa Albach en 2005, soit deux ans après sa libération.

Tribunaux, avocats, procureurs, auditions, de nombreuses séquences de cette saga judiciaire sont filmées ce qui permet au spectateur d’observer cette affaire criminelle de l’intérieur. Lors du procès, l’accusation met en avant de nombreuses preuves apportées par la police scientifique pendant que la défense crie au complot.

Dans la saison 2, une avocate spécialisée revisite tous les éléments matériels du procès avec des experts en police scientifique : morpho-analystes de traces de sang, médecins légistes, experts en anthropologie… Tous sont appelés en renfort pour tenter de rouvrir le procès de Steven Avery. Pour quel résultat ?

L’Incroyable « Staircase »

Quand la réalité dépasse la fiction : bienvenue au cœur d’une série documentaire sur un cas judiciaire hors norme.

Notes : 8/10 sur IMDB et 3,4/5 Allocine
Disponible sur : Canal plus et Netflix
Année de production : 2004 (saison 1) – puis 2012-2013 pour la suite de la saison

Ce documentaire raconte la fascinante histoire de Michael Peterson, un auteur de romans policiers, accusé d’avoir tué sa femme Kathleen. Le corps inanimé et ensanglanté de son épouse est découvert au pied de l’escalier de la maison familiale, d’où le titre « Staircase« . Dès le début de l’affaire Michael Peterson fait appel au documentariste Jean-Xavier de Lestrade qui va filmer l’intégralité des rebondissements judiciaires. C’est cette plongée au cœur de l’affaire qui fait tout l’intérêt de cette série culte. On peut par exemple entendre l’appel au secours du principal accusé qui dit découvrir sa femme en bas des escaliers ou encore voir la première vidéo de la scène de crime réalisée par les autorités. Le réalisateur nous fait pénétrer dans l’intimité de la famille mais aussi de l’enquête, des premières constatations jusqu’au verdict final, en passant par les témoignages des différents experts de police scientifique lors du procès.

L’analyse des traces de sang, les conclusions du médecin légiste sont au cœur de ce documentaire exceptionnel.

Le réalisateur, oscarisé en 2002 pour le documentaire un coupable idéal retournera auprès de l’accusé près de dix ans plus tard pour suivre le dénouement de ce dossier.

L’affaire d’anthologie « O.J. Simpson » (« American crime story: The People vs. O.J. »)

Ce procès surnommé “le procès du siècle” pourrait être un cas d’école pour de nombreux avocats aux États-Unis.

Notes : 8,5/10 sur IMDB et 4,3/5 Allocine
Disponible sur : Netflix
Année de production : 2016

En 1994, Nicole Brown Simpson (ex-femme d’O.J. Simpson) et son ami Ronald Goldman sont retrouvés assassinés devant leur habitation dans le quartier chic de Brentwood à Los Angeles. L’ancienne star de football Américain O.J. Simpson est rapidement suspecté d’être l’auteur de ce double meurtre commis à l’arme blanche.

Cette série de 10 épisodes est une fiction plus vraie que nature, qui s’inspire du livre de Jeffrey Toobin “the run of his life : people vs O.J. Simpson” mais aussi des nombreuses vidéos de l’affaire et du procès.

Portée par des acteurs de renom (John Travolta, Sarah Paulson, Cuba Michael Gooding Jr, David Schwimmer) cette série vous place au cœur du procès judiciaire contre le principal accusé. Deux équipes d’avocats s’affrontent dans une bataille sans merci pour la condamnation ou la relaxe du célèbre footballeur.

La gestion de la scène de crime et les différentes traces découvertes sur la scène sont au cœur du dossier.

Le psychologique « Manhunt : Unabomber »

Une traque captivante d’un terroriste, tueur en série, qui ne laissait rien au hasard.

Notes : 8,2/10 sur IMDB et 4,2/5 Allocine
Disponible sur : Netflix
Année de production : 2017 (1 saison de 8 épisodes)

Pendant près de 20 ans un homme a terrorisé les États-Unis en envoyant 16 colis piégés causant 3 morts et blessant 23 personnes. La série s’intéresse aux motivations de ce terroriste, à son histoire, mais aussi et surtout à sa traque mise en place par le FBI. Les éléments de fiction de cette série se marient parfaitement avec les faits avérés.

Très vite, le show montre un duel à distance entre l’agent du FBI Jim Fitzgerald et le tueur Theodore Kaczynski.

La police scientifique est parfois évoquée mais c’est surtout l’utilisation de l’analyse stylistique et linguistique des courriers qui est passionnante. Cette nouvelle technique, dont le raisonnement et la méthodologie sont proches de celles d’un criminaliste analysant des traces et indices, est mise à l’honneur.

La réussite « Mindhunter »

La naissance de l’analyse comportementale ou du profilage aux États-Unis dans les années 70. Passionnant.

Notes : 8,5/10 sur IMDB et 4,4/5 Allocine
Disponible sur : Netflix
Année de production : 2017 (saison 1)

Ce n’est pas la police scientifique qui est au premier plan dans cette série mais plutôt la naissance du “profilage” ou “profiling” (terme existant depuis une affaire d’attentats à la bombe dans les salles de cinéma de New York dans les années 1940).

Basée sur le livre de John E. Douglas et Mark Olshaker, “inside the FBI’s Elite Serial Crime Unit” cette série, produite notamment par David Fincher, met en lumière la création de l’unité spécifique de lutte face aux crimes violents au FBI. Comment anticiper la folie criminelle quand on ignore comment fonctionnent les fous ? Deux agents du FBI partent à la rencontre de tueurs en série (terme qui fera son apparition à ce moment là) et imaginent une enquête aux méthodes révolutionnaires.

Le profilage ou plutôt “l’analyse comportementale” est utilisée aujourd’hui par des unités spécialisées en France comme par le département des sciences du comportement à l’Institut de Recherche Criminelle de la Gendarmerie Nationale (IRCGN).

D’autres séries documentaires ou inspirées de faits réels tendent à voir le jour ces dernières années. Elles sont de plus en plus demandées ou produites par des chaînes telles que HBO ou des plateformes de streaming telles qu’Amazon Prime Video ou Netflix. On peut par exemple citer : Cold case files, True detective, Unsolved, Ted Bundy, etc… Dans tous les cas, la police scientifique n’a pas fini d’être à l’honneur, pour le pire et je l’espère …. le meilleur !

Un article de Didier Porte pour © www.police-scientifique.com , tous droits réservés

Policiers scientifiques francophones à l’étranger

Une rencontre avec des policiers scientifiques du Canada, de Belgique, de Suisse et de France.

 

Bonjour Kim, Hélène, Marie et Pierre merci d’avoir accepté de nous rencontrer.

 

Pouvez-vous présenter votre parcours ?

Résultat de recherche d'images pour "drapeau suisse"Kim : Je m’appelle Kim, j’ai 30 ans et je suis suisse. Après le lycée j’ai effectué un Bachelor (équivalent licence) et un Master en Sciences Forensiques à l’Université de Lausanne. En Suisse, dans mon canton, il faut passer 1 an à l’école de police afin de devenir inspecteur de police pour espérer intégrer la police scientifique.

Résultat de recherche d'images pour "drapeau canada"Hélène : Je suis Hélène, j’ai 35 ans et je suis canadienne. Après un bachelor en biologie médicale obtenu dans une université canadienne, j’ai eu l’opportunité d’effectuer un stage de quatre mois dans un institut de médecine légale en Belgique. J’ai pu assister à toutes les levées de corps, autopsies et reconstructions de scènes de crime aux côtés de différents spécialistes, j’ai adoré. J’ai donc intégré un programme de master en sciences forensiques dans une université. Après deux stages supplémentaires, j’ai été embauchée par une organisation policière canadienne.

Résultat de recherche d'images pour "drapeau belgique"Marie : Je suis Marie, j’ai 32 ans et je suis belge. J’ai obtenu un bachelor et un master en sciences forensiques de l’Université d’Amsterdam aux Pays-bas. Je travaille actuellement  à l’INCC (l’Institut National de Criminalistique) à Bruxelles. C’est un institut indépendant des services de police. L’activité fondamentale de l’INCC est la réalisation d’expertises forensiques à la demande des partenaires judiciaires (magistrats, juges..).

Résultat de recherche d'images pour "drapeau france"Pierre : Je m’appelle Pierre, j’ai 25 ans et je suis français. Après une licence en biologie moléculaire et cellulaire à Montpellier j’ai tenté d’intégrer la police scientifique. En France il faut passer un concours pour intégrer la PTS (Police Technique et Scientifique). Malgré mon diplôme en biologie, je voulais faire du terrain, j’ai donc opté pour le concours technicien spécialité Identité Judiciaire, après 2 échecs successifs à l’oral, j’ai tenté le concours ASPTS, que j’ai réussi du 1er coup. Me voilà donc intégrant un SRIJ (Service Régional d’Identité Judiciaire) en groupe intervention, j’y suis depuis plusieurs années et mon métier me passionne.

Quel poste occupez-vous actuellement ?

Résultat de recherche d'images pour "drapeau suisse"Kim : Je suis actuellement inspectrice de police scientifique, de telle sorte que je me déplace sur le terrain dès que l’on a besoin de faire des photos, prélever des traces ou expliquer le déroulement des faits de diverses infractions.
Chaque inspecteur va sur les lieux et gère ses affaires. Nous avons chacun des spécialités en fonction des différents domaines existants (groupes semelle, document, arme à feu, trace digitale, trace d’oreille, etc.).

Résultat de recherche d'images pour "drapeau canada"Hélène : Je travaille au sein d’un laboratoire de sciences judiciaires. Je m’occupe de tout ce qui a attrait à l’examen des armes à feu et leurs munitions : examen mécanique d’armes à feu, de munitions et de différents accessoires connexes (tels que les silencieux). Je m’occupe également de restaurer les numéros de séries, j’analyse et compare des traces laissées sur les projectiles et les douilles dans le but d’identifier ou d’éliminer une arme à feu comme étant la source. Enfin, nous calculons et déterminons les distances de tir. Je vais parfois sur le terrain.

Résultat de recherche d'images pour "drapeau belgique"Marie : Je travaille comme conseiller forensique. Mon travail consiste à conseiller les magistrats et la police sur les analyses scientifiques possibles dans le cadre de leurs dossiers.

Résultat de recherche d'images pour "drapeau france"Pierre : Je travaille toujours en SRIJ dans le groupe intervention. Je me déplace sur des scènes d’infractions (délit, crimes) pour effectuer la fixation des lieux (prise de photo, video, plan) et le relevé des traces et indices. Je fais exclusivement du terrain. Dans notre SRIJ il y a également un groupe criminalistique qui est chargé de la révélation des traces papillaires en laboratoire, et un groupe FAED (Fichier Automatisé des empreintes Digitales) dont les membres gèrent tout ce qui est identification.

A quoi ressemble une journée type dans votre service ?

Résultat de recherche d'images pour "drapeau suisse"Kim : On peut résumer en deux différents types de journées, à savoir celles où nous avons des permanences et celles sans permanence. Une semaine sur 3 nous avons des permanences pour assurer les interventions sur le terrain. Nous avons des horaires irréguliers pour assurer une couverture 24h/24. Nous nous déplaçons sur des interventions de type: vol par effraction, découverte de cadavres mais aussi homicide etc…  Si il n’y a pas d’interventions, nous avançons dans nos enquêtes, nos rapports et albums photos.

Résultat de recherche d'images pour "drapeau canada"Hélène : Je partage la majeure partie de mon temps entre mon banc de travail (la majeure partie de mes examens de routine), le champ de tir (on y teste chaque arme), ma salle de microscopie (où je compare les éléments de munitions à l’aide d’un microscope comparateur), et mon bureau (où je rédige les rapports destinés aux enquêteurs).

Résultat de recherche d'images pour "drapeau belgique"Marie : Généralement je participe à des réunions avec les partenaires externes (police, magistrat etc..). Ensuite la journée se déroulera entre réunions et rédaction des rapports d’expertises afin de conseiller les partenaires au sujet des analyses à entreprendre dans le cadre de leur dossier.

Résultat de recherche d'images pour "drapeau france"Pierre : Sur le terrain, il n’y a pas de journée type, tout dépendra des évènements. On peut tout de suite être appelé sur une découverte de cadavre ou un braquage, assister à une autopsie, partir sur un vol par effraction etc.. puis parfois il ne se passe rien, on rédige alors nos rapports et on confectionne ce que l’on appelle nos albums photos (rapport photographique légendé correspondant à une affaire).

Avez-vous une anecdote à nous raconter, une affaire marquante?

Résultat de recherche d'images pour "drapeau suisse"Kim : Un jour nous avons repêché un africain dans une rivière, il s’était noyé quelques semaines auparavant en s’amusant dans l’eau mais sans savoir nager. Ce qui m’avait marqué c’est qu’il était quasiment devenu blanc de peau (alors qu’il était bien noir de peau de son vivant). C’était une scène et une autopsie difficile à vivre car le corps était vraiment en mauvais état, il y avait de nombreux vers et une odeur très forte.

Résultat de recherche d'images pour "drapeau canada"Hélène : On reçoit toutes sortes de pièces à conviction qui ont été fabriquées ou modifiées, et certaines sont plus étranges que d’autres. Nous avons dans notre collection une prothèse de jambe qui a été transformée en arme à feu. La bouche du canon se trouve sous le pied, et la détente est juste au-dessus du talon. Digne d’un film de Tarantino… à l’exception qu’il ne s’agit que d’une arme de calibre .22!

Résultat de recherche d'images pour "drapeau belgique"Marie : L’affaire la plus importante sur laquelle j’ai travaillé reste les attentats de mars 2016 en Belgique. C’était un dossier si complexe et important, il y avait également une énorme pression politique et médiatique. En règle générale je ne descends pas sur le terrain mais sur ce dossier le magistrat nous a demandé d’aider à coordonner les expertises. Puis nous avons eu à conseiller le magistrat et la police sur le choix des pièces à conviction à analyser. Il fallait travailler dans l’urgence, les analyses ont dû être effectuées très rapidement.

Résultat de recherche d'images pour "drapeau france"Pierre : Les affaires les plus marquantes ne sont pas forcément les affaires les plus gaies. Lorsque vous travaillez en SRIJ vous êtes amenés à confronter la mort quotidiennement: suicide, découverte de cadavre putréfié ou momifié, enfant étouffé, violé, tué… chaque histoire est marquante et comporte son lot de charge psychologique. La seule qui me vient à l’esprit avec une fin « heureuse » serait la découverte d’une personne décédée en surpoids, retrouvée sous son lit. Lorsque le médecin a soulevé le lit pour faire l’examen de corps, la personne a bougé son bras et a poussé un espèce de râle indescriptible. Tout le monde s’est mis à crier. Le médecin s’est alors aperçu que la personne n’était pas du tout décédée, juste en grave hypothermie, ce qui avait ralenti son rythme cardiaque, à tel point que le collègue qui avait pris le pouls n’avait pas réussi à le distinguer. On a eu une belle frayeur…

Comment s’organise la police scientifique dans votre pays ?

Résultat de recherche d'images pour "drapeau suisse"Kim : La problématique en Suisse est que chaque canton a son propre mode fonctionnement avec la police scientifique.  Chaque canton a son processus de recrutement, ses conditions d’engagement, son type d’école de police existante, complète ou raccourcie, sa formation interne, son statut particulier et le salaire correspondant.

Résultat de recherche d'images pour "drapeau canada"Hélène : Au Canada, il y a 3 structures policières: Municipale, Provinciale et Fédérale.
L’état des lieux, l’examen des taches de sang, ainsi que l’analyse et la comparaison des empreintes digitales sont des emplois exclusivement réservés aux policiers. Ceux-ci, après quelques années aux services généraux (« general duty »), sont embauchés dans l’unité de l’identité judiciaire et sont formés durant quelques mois.
Les laboratoires de sciences judiciaires s’organisent également en trois niveaux (municipaux, provinciaux et fédéraux), et les postes sont occupés par des membres civils ayant tous une formation scientifique.

Résultat de recherche d'images pour "drapeau belgique"Marie : L’INCC emploi des personnels scientifiques, administratifs ou contractuels.
En ce qui concerne la Police Technique et Scientifique Belge, les laborantins, que l’on appelle également enquêteurs forensiques, font partis soit du personnel opérationnel (ce sont des fonctionnaires de police dit « actifs »), soit sont des membres du CALog (Cadre Administratif et Logistique). Au sein de la police technique et scientifique les CALog peuvent être revêtus de la qualité d’officier de police judiciaire, auxiliaire du procureur du Roi, et peuvent être équipés d’un moyen incapacitant (spray au poivre).

Résultat de recherche d'images pour "drapeau france"Pierre : Les tâches sont très séparées en France, les PTS qui se déplacent sur les lieux ne font pas d’analyse en laboratoire et vice-versa, hormis certains cas particuliers. Les PTS se déplaçant sur le terrain font partis de l’IJ (Identité Judiciaire), les PTS membres d’un des cinq laboratoires de PTS sont répartis en section : biologie, traces, documents, balistique, toxicologie, stupéfiants, incendies/explosions, physique-chimie etc… Le statut actuel d’un membre de la police technique et scientifique en France est un statut sédentaire, nous ne sommes pas en uniforme et nous ne sommes pas armés. Nous sommes censés être accompagnés systématiquement par un collègue actif lors de déplacement sur le terrain pour notre sécurité mais également parce que nous n’avons pas de qualification judiciaire (nous ne pouvons pas « mener » une enquête).

Pouvez vous nous donner une fourchette de salaire?

Résultat de recherche d'images pour "drapeau suisse"Kim : Je gagne environ 7000 CHF/mois (environ 6200€) avec 6 ans d’ancienneté (ndlr salaire moyen suisse environ 5000 CHF).

Résultat de recherche d'images pour "drapeau canada"Hélène : Le salaire d’un spécialiste judiciaire en formation débute à environ 5’000 $ CAD/mois (environ 3300€). Une fois les examens réussis, le salaire de base augmente à environ 6300$ CAD/mois (environ 4150€). Il faut 7 ans pour arriver au maximum de l’échelle salariale, qui est d’environ 8200$ CAD/mois (environ 5400 €).

Résultat de recherche d'images pour "drapeau belgique"Marie : Le salaire de départ minimum pour un conseiller forensique à l’INCC est d’environ 2700€.

Résultat de recherche d'images pour "drapeau france"Pierre : Pour ma part, je gagne un peu moins de 2000 € net (grille des salaires dans la PTS en France).

Qu’est-ce qui vous plaît dans ce métier ?

Résultat de recherche d'images pour "drapeau suisse"Kim : C’est qu’il y a tant une partie sur le terrain que dans les bureaux. J’aime également le fait de ne pas savoir de quoi sera faite la journée en fonction des évènements qui se produiront. Nous travaillons sur toutes les grosses affaires qui se produisent sur le canton.

Résultat de recherche d'images pour "drapeau canada"Hélène : Ce que j’aime le plus c’est la diversité. Les pièces à conviction qui me sont soumises varient énormément. Il peut s’agir de projectiles, de douilles, de plombs, de bourres, d’armes à feu en tout genre (pistolet, revolver, carabine, fusil de chasse, etc.) modifiées ou non, de tout type de munitions et de chargeurs, de silencieux (prohibés au Canada) qui peuvent être « factory made » ou parfois « faits maison ».

Résultat de recherche d'images pour "drapeau belgique"Marie : J’adore le contact avec les différents partenaires : les enquêteurs de la police, les magistrats, mais aussi avec avec les experts scientifiques de l’INCC. Ces échanges sont très enrichissants. Ce que je préfère c’est de travailler sur des dossiers spéciaux (meurtres et autres crimes), c’est passionnant.

Résultat de recherche d'images pour "drapeau france"Pierre : L’absence de routine, sur le terrain on ne peut rien prévoir, chaque cas est différent et c’est ce qui me plait le plus.

© Réalisé le 20/03/2019 par www.police-scientifique.com, tous droits réservés

La police scientifique dans la lutte contre les cambriolages

Depuis 2011, on compte chaque année entre 200 et 250 000 cambriolages en France et presque autant de tentatives. 2017 a été l’année la plus impactée avec près de 2 % des ménages victimes.

Les cambriolages et tentatives de cambriolage ont majoritairement lieu durant les mois d’été, ainsi qu’en fin d’année (source ONDRP).

Police scientifique et cambriolages

Dans ce contexte, la police scientifique joue un rôle important dans l’élucidation. Comment se protéger et aussi favoriser le bon déroulement du travail des experts ?

En amont du cambriolage

Mieux vaut prévenir que guérir voici un adage tout à fait adapté aux cambriolages. Il existe de nombreux moyens de se protéger. Le plus efficace reste sans aucun doute l’alarme. Il n’est pas forcément nécessaire d’investir dans un système d’alarme perfectionné, ni dans un abonnement avec un société de télésurveillance qui donnent une illusion de sécurité alors que la simplicité est souvent suffisante. Un système de détection avant effraction (barrière infra rouge, détecteur de vibration) relié à une sirène puissante (110db pour l’intérieur et 130db pour l’extérieur) feront fuir les auteurs avant que ceux-ci ne s’attaquent à la fouille de votre habitation. Même en cas de tentative il ne faut pas hésiter à contacter la police car des traces peuvent parfois être relevés en fonction du mode opératoire.

Il est aussi possible de prévenir les cambriolages par des astuces très simples à mettre en œuvre : lumières extérieures, simulation de présence (minuteur qui allume une lampe le soir, boitier led qui simule une télévision allumée). Lorsque vous partez en vacances, demandez à votre voisin de récupérer votre courrier ou même d’ouvrir vos volets. Demandez aussi un passage des patrouilles de police en vous inscrivant à l’opération tranquillité vacances (opération OTV) auprès de la police nationale ou de la police municipale.

Les investissements dans les barres de sécurité, coffre-fort ne sont pas toujours opportuns car les cambrioleurs trouvent toujours le moyen d’entrer chez vous ou de forcer un coffre. S’ils ne parviennent pas à l’ouvrir cela peut leur donner la mauvaise idée de revenir pensant qu’il y trouveront un trésor ! Ou alors ils finiront par emporter le coffre fort s’ils ont une voiture à disposition. Certains coffres-forts (armoire forte pour les armes par exemple), s’ils sont cachés ou scellés dans du béton, peuvent être efficaces.

Vous pouvez aussi aider le travail de la police scientifique en positionnant des caméras de surveillance. Mais dans ce cas, il faut des caméras de qualité et s’assurer du bon placement de celles-ci : à proximité des points d’effraction supposés comme les porte-fenêtres, à l’arrière de votre habitation si celui ci est caché du voisinage, à l’extérieur avant que le cambrioleur ne pénètre dans le logement, etc. Attention à ne pas vous faire d’illusions, les images nocturnes sont très souvent de mauvaise qualité et rares sont les images qui peuvent être correctement utilisées.

Après cambriolage

Des actes de police scientifique doivent avoir lieu systématiquement après un cambriolage. Il s’agit d’une des priorités des forces de l’ordre. Parfois ce seront des policiers ou gendarmes en tenue qui effectueront les recherches de traces même si ce n’est pas leur mission prioritaire. Ils n’auront alors que peu de temps à consacrer aux actes de police scientifiques. Parfois ce seront des personnels de PTS parfaitement formés pour la détection des traces et indices.

Dans tous les cas, il existe une règle d’or : ne rien toucher et appeler le 17 ! En effet, vous risqueriez de contaminer la scène en laissant votre ADN ou vos traces papillaires sur le point d’effraction. Évitez même de trop vous déplacer dans l’habitation, particulièrement devant le point d’effraction car certaines traces de semelles peuvent être exploitées. Pour aider les policiers scientifiques soyez précis sur ce qui a été déplacé, manipulé. Faites les tour de votre habitation et refaites le cheminement de l’auteur. Des traces sont parfois localisées sur le chemin de fuite, sur un grillage, un portail, sur un objet abandonné dans un environnement proche.

S’il vous faut absolument ranger rapidement, mettez de coté les boites lisses et propres qui sont les plus à même de supporter des traces papillaires.

Enfin, si vous le pouvez, faites votre propre enquête de voisinage dès le départ. Les témoins pourront donner des indications sur les auteurs des faits, sur un véhicule ou sur un mode opératoire. De plus, les policiers scientifiques sont de plus en plus souvent les yeux et les oreilles des enquêteurs de police et c’est important de leur donner un maximum d’informations.

Didier Porte pour © www.police-scientifique.com tous droits réservés

Identification des victimes de catastrophes

Certaines catastrophes naturelles telles que les tremblements de terre, les ouragans ou les tsunamis peuvent dévaster des régions entières et provoquer la mort d’un grand nombre d’individus.
Outre ces événements imprévisibles liés à la force de la nature, l’accroissement des transports maritimes, ferroviaires, aériens et routiers augmente drastiquement le risque d’accidents. Les capacités toujours plus importantes des moyens de transport entraînent parfois un nombre de victimes considérable. Cela a été le cas lors du crash du vol Air France Rio-Paris en 2009 (228 personnes à bord), de la compagnie GermanWings en 2015 (149 personnes à bord) ou encore lors du naufrage du Costa Concordia près des côtes italiennes avec plus de 4230 personnes à bord (dont 32 ont trouvé la mort).

Les équipes IVC lors du crash de l’avion Germanwings dans les Alpes ©La Provence

Au-delà de ces catastrophes naturelles ou accidentelles, s’ajoutent des événements sanglants particulièrement marquants. Ces dernières années le monde, l’Europe et plus près de nous, la France, ont subi des attaques terroristes d’une violence sans précédent, emportant la vie de milliers de citoyens. Lors de ces attaques, les cibles sont rarement sélectionnées de façon individuelle. Les victimes sont très souvent celles se trouvant sur le chemin des terroristes, rendant ces actions complètement imprévisibles et l’identification des victimes complexes.

Lors de ces événements tragiques, la police scientifique a toujours tenu un rôle essentiel. En relation avec les hautes autorités de l’État et des groupes d’enquête spécialisés, elle permet non seulement la compréhension de la scène de crime (hors catastrophes naturelles) mais également d’identifier de façon formelle l’ensemble des victimes. Cette démarche est essentielle afin de pouvoir restituer les corps aux familles de victimes.

1) Une pression géopolitique et médiatique constante

Le caractère exceptionnel, tragique et tristement sensationnel provoque un engouement immense et immédiat des médias pour ces catastrophes. La sur-médiatisation de ces événements entraîne une pression psychologique supplémentaire sur toutes les personnes œuvrant jour et nuit sur ces scènes de crime (premiers secours, groupes d’interventions, magistrats, enquêteurs, techniciens de scène de crime, médecins légistes, analystes, etc.).

Dès lors qu’une victime étrangère est recensée sur le territoire français ou qu’une victime française est recensée sur le sol étranger, une cellule de coopération internationale se met en place immédiatement avec l’ajout d’une pression géopolitique accrue.

Les ambassades des pays concernés se rapprochent du Centre De Crise et de Soutien (CDCS) du Quai d’Orsay à Paris et de la Cellule Interministérielle de Crise (CIC) lorsque celle-ci est activée par le Premier Ministre. Depuis 2015, une Cellule Interministérielle d’Aide aux Victimes (CIAV) est mise en place sous l’autorité du Premier Ministre visant à assurer les relations avec les familles de victimes.

2) Une enquête fastidieuse

Il est parfois difficile d’accepter que certaines investigations puissent prendre plusieurs jours, plusieurs semaines voir même plusieurs mois comme cela a été le cas lors du Tsunami en Asie du Sud-Est en 2004. Ce temps est insoutenable pour les familles de victime. La première difficulté est que les différents intervenants doivent agir rapidement.

Photos de personnes disparues lors du tsunami de 2004 en Thaïlande ©TVA Nouvelles

Lorsque l’on évoque les catastrophes de masse, on fait parfois référence à des scènes de plusieurs centaines voire plusieurs milliers de mètres carrés. Lors de l’attaque terroriste de Nice le 14 juillet 2016, les corps de victimes s’étalaient sur plus d’un kilomètre. Les scènes de catastrophe sont souvent étendues comme lors du crash du vol Rio-Paris en plein Océan Atlantique en 2009, du crash de la GermanWings dans les Alpes en 2015, des attaques terroristes de Madrid en 2004, de Londres en 2005 et 2017, Paris en 2015, Orlando en 2016. L’ampleur de ces interventions est donc une autre difficulté.

Dès les premières minutes liées à la catastrophe, une organisation méticuleuse se met en place où chaque personne, à son niveau, contribue au succès des opérations. L’État et plus particulièrement les familles de victimes attendent de ces opérations que l’on puisse déterminer avec précision l’origine des faits mais que l’on puisse également identifier toutes les victimes de façon formelle le plus rapidement possible.

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Sorties 2018: deux nouveaux livres sur la police scientifique

En cette fin d’année 2018 nous aimerions vous présenter deux livres sur la police technique et scientifique qui viennent de paraitre.

Les experts du crime

Jean-Christophe Portes nous emmène à la rencontre des experts de l’IRCGN, l’Institut de Recherche Criminelle de la Gendarmerie Nationale. Institut ultra moderne où travaillent les experts de la gendarmerie.

À travers des rencontres humaines et des anecdotes plus que réalistes, l’auteur parvient à nous faire découvrir les différents domaines d’expertises de l’institut : identification de victimes, incendie, balistique, entomologie forensique, investigation numérique et bien plus encore.
Tout au long du livre une vingtaine d’experts aux compétences variées se confient et nous racontent leurs affaires les plus marquantes. Nous vous prévenons tout de suite : il faut avoir le cœur bien accroché ! L’affaire Maëlys, le tsunami en Thaïlande, la mort de Lady Di, le crash de l’avion Germanwings, toutes les plus grosses affaires de la gendarmerie y passent, avec des détails qui vont vous faire froid dans le dos.

Une chose est sûre : les experts de l’IRCGN sont des militaires mais surtout des chercheurs, des scientifiques, à la pointe de la technologie et de l’innovation. A la fin de cette lecture vous ne pourrez qu’être admiratif face aux compétences et au dévouement de ces hommes et de ces femmes en blouse blanche.

Quelques mots sur l’auteur :
Jean-Christophe Portes fait des études à l’École nationale des arts décoratifs de Paris, section cinéma-vidéo-animation. Après des débuts comme monteur, il s’oriente vers la télévision où il travaille d’abord comme journaliste reporteur d’images puis comme réalisateur pour de grandes chaînes de télévision. Il est également l’auteur de la série de policiers historiques Victor Dauterive, enquêteur sous la révolution.

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Petites Histoires de la police technique et scientifique

« Nul ne peut agir avec l’intensité que suppose l’action criminelle sans laisser des marques multiples de son passage » – Edmond Locard

Alphonse Bertillon, Alexandre Lacassagne, Edmond Locard : tous les passionnés de police scientifique reconnaîtront ces noms. Ces trois personnages sont les pionniers de la police technique et scientifique en France. Ils ont permis la création et le développement de nombreux domaines des sciences forensiques: l’identification des récidivistes, la dactyloscopie, la médecine légale, la photographie judiciaire et les principes même de la criminalistique !

Philippe MARION nous présente, dans cet ouvrage, le parcours de ces trois individus à travers des affaires marquantes de la Belle Époque. Ces récits nous permettent de mieux comprendre l’évolution des techniques, mais surtout, ils nous aident à mieux comprendre la vie de ces grands hommes en revenant sur leurs réussites comme sur leurs échecs, sans lesquels la police technique et scientifique d’aujourd’hui n’existerait sûrement pas.

Quelques mots sur l’auteur :
Philippe MARION, Docteur ès sciences, Ingénieur en chef de police technique et scientifique, est le chef de la section Physique-Chimie du laboratoire de Lille à l’Institut National de Police Scientifique.

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