Le procès s’ouvre en mars 2014 devant la Haute Cour de Pretoria.
Il est retran
smis à la télévision, une première en Afrique du Sud pour une affaire criminelle d’une telle ampleur.
Le monde entier découvre un Oscar Pistorius très différent de l’image du champion sûr de lui. Souvent en larmes, parfois malade pendant les descriptions médico-légales, il apparaît fragile et émotionnellement instable.
D’un côté, l’accusation affirme que Pistorius a volontairement tué Reeva après une dispute, comme en témoigne les cris entendus par les voisins la nuit du drame. Celle-ci se serait retranchée dans les toilettes, et Oscar le savait. Il aurait récupéré son arme et aurait tiré à travers la porte avec la ferme intention de la tuer.
Le procureur insiste sur le fait qu’une personne raisonnable aurait compris qu’elle pouvait tuer quelqu’un en tirant dans un espace aussi réduit, avec la précision dont il a fait preuve.
Cependant, la défense tente de discréditer ces témoins en soulignant la distance entre les habitations et la maison du couple – plusieurs centaines de mètres – et l’heure tardive des faits. Les avocats de Pistorius défendent la thèse de l’erreur tragique. Ils présentent leur client comme un homme vulnérable à cause de son handicap et traumatisé par l’insécurité du pays. Selon eux, Oscar Pistorius pensait réellement à une intrusion et a agi par peur. Il n’avait aucune intention de tuer Reeva. La défense tente également de montrer que le couple entretenait une relation amoureuse normale et non violente.

Oscar Pistorius est finalement reconnu coupable, d’homicide involontaire et écope de 6 ans de prison. Le verdict provoque une immense controverse ; en effet, beaucoup estiment que Pistorius a bénéficié de sa célébrité et de son statut social. Le parquet sud-africain fait appel.
Un an après, en décembre 2015, la cour d’appel requalifie finalement les faits de meurtre. En 2016, Pistorius est condamné à six ans de prison. Cette peine est jugée trop clémente par le parquet. Après un nouvel appel, la peine est finalement portée à treize ans et cinq mois de prison en 2017.
L’ancien champion est alors incarcéré dans une prison de Pretoria ; malgré les nombreuses constatations scientifiques réalisées, on ne sait toujours pas ce qui s’est réellement passé lors de cette nuit du 13 au 14 février 2013…
L’affaire Pistorius montre que les constatations scientifiques ne permettent pas toujours d’apporter une réponse absolue. La balistique, l’analyse des traces de sang ou les expertises médico-légales permettent d’éclairer une enquête, mais leur interprétation reste dépendante du contexte et des autres éléments du dossier. Cette affaire demeure aujourd’hui un exemple particulièrement intéressant pour comprendre comment les sciences forensiques participent à la reconstruction d’un scénario criminel.



