La police scientifique dans la lutte contre les cambriolages

Depuis 2011, on compte chaque année entre 200 et 250 000 cambriolages en France et presque autant de tentatives. 2017 a été l’année la plus impactée avec près de 2 % des ménages victimes.

Les cambriolages et tentatives de cambriolage ont majoritairement lieu durant les mois d’été, ainsi qu’en fin d’année (source ONDRP).

Police scientifique et cambriolages

Dans ce contexte, la police scientifique joue un rôle important dans l’élucidation. Comment se protéger et aussi favoriser le bon déroulement du travail des experts ?

En amont du cambriolage

Mieux vaut prévenir que guérir voici un adage tout à fait adapté aux cambriolages. Il existe de nombreux moyens de se protéger. Le plus efficace reste sans aucun doute l’alarme. Il n’est pas forcément nécessaire d’investir dans un système d’alarme perfectionné, ni dans un abonnement avec un société de télésurveillance qui donnent une illusion de sécurité alors que la simplicité est souvent suffisante. Un système de détection avant effraction (barrière infra rouge, détecteur de vibration) relié à une sirène puissante (110db pour l’intérieur et 130db pour l’extérieur) feront fuir les auteurs avant que ceux-ci ne s’attaquent à la fouille de votre habitation. Même en cas de tentative il ne faut pas hésiter à contacter la police car des traces peuvent parfois être relevés en fonction du mode opératoire.

Il est aussi possible de prévenir les cambriolages par des astuces très simples à mettre en œuvre : lumières extérieures, simulation de présence (minuteur qui allume une lampe le soir, boitier led qui simule une télévision allumée). Lorsque vous partez en vacances, demandez à votre voisin de récupérer votre courrier ou même d’ouvrir vos volets. Demandez aussi un passage des patrouilles de police en vous inscrivant à l’opération tranquillité vacances (opération OTV) auprès de la police nationale ou de la police municipale.

Les investissements dans les barres de sécurité, coffre-fort ne sont pas toujours opportuns car les cambrioleurs trouvent toujours le moyen d’entrer chez vous ou de forcer un coffre. S’ils ne parviennent pas à l’ouvrir cela peut leur donner la mauvaise idée de revenir pensant qu’il y trouveront un trésor ! Ou alors ils finiront par emporter le coffre fort s’ils ont une voiture à disposition. Certains coffres-forts (armoire forte pour les armes par exemple), s’ils sont cachés ou scellés dans du béton, peuvent être efficaces.

Vous pouvez aussi aider le travail de la police scientifique en positionnant des caméras de surveillance. Mais dans ce cas, il faut des caméras de qualité et s’assurer du bon placement de celles-ci : à proximité des points d’effraction supposés comme les porte-fenêtres, à l’arrière de votre habitation si celui ci est caché du voisinage, à l’extérieur avant que le cambrioleur ne pénètre dans le logement, etc. Attention à ne pas vous faire d’illusions, les images nocturnes sont très souvent de mauvaise qualité et rares sont les images qui peuvent être correctement utilisées.

Après cambriolage

Des actes de police scientifique doivent avoir lieu systématiquement après un cambriolage. Il s’agit d’une des priorités des forces de l’ordre. Parfois ce seront des policiers ou gendarmes en tenue qui effectueront les recherches de traces même si ce n’est pas leur mission prioritaire. Ils n’auront alors que peu de temps à consacrer aux actes de police scientifiques. Parfois ce seront des personnels de PTS parfaitement formés pour la détection des traces et indices.

Dans tous les cas, il existe une règle d’or : ne rien toucher et appeler le 17 ! En effet, vous risqueriez de contaminer la scène en laissant votre ADN ou vos traces papillaires sur le point d’effraction. Évitez même de trop vous déplacer dans l’habitation, particulièrement devant le point d’effraction car certaines traces de semelles peuvent être exploitées. Pour aider les policiers scientifiques soyez précis sur ce qui a été déplacé, manipulé. Faites les tour de votre habitation et refaites le cheminement de l’auteur. Des traces sont parfois localisées sur le chemin de fuite, sur un grillage, un portail, sur un objet abandonné dans un environnement proche.

S’il vous faut absolument ranger rapidement, mettez de coté les boites lisses et propres qui sont les plus à même de supporter des traces papillaires.

Enfin, si vous le pouvez, faites votre propre enquête de voisinage dès le départ. Les témoins pourront donner des indications sur les auteurs des faits, sur un véhicule ou sur un mode opératoire. De plus, les policiers scientifiques sont de plus en plus souvent les yeux et les oreilles des enquêteurs de police et c’est important de leur donner un maximum d’informations.

Didier Porte pour © www.police-scientifique.com tous droits réservés