Nice, jeudi 14 juillet 2016, 22h33… alors que plus de 30 000 personnes déambulent sur la promenade des Anglais pour les festivités de la traditionnelle fête nationale, un camion de 19 tonnes surgit au beau milieu de la foule et remonte la promenade sur pas moins de 2km. Au volant, un homme âgé de 31 ans, renverse et tue une centaine de personnes avant d’être stoppé dans sa course folle par les policiers : il est abattu à 22h37 après des échanges de coups de feu. 4 minutes et 17 secondes, c’est le temps exact qu’il aura fallu à Mohamed Lahouaiej Bouhlel, ce chauffeur-livreur qui conduisait le camion, pour faire de la promenade des anglais une scène de chaos et d’effroi.
Plusieurs défis de taille s’annoncent alors pour les enquêteurs : établir le cheminement de l’auteur, couvrir une scène de crime très étendue (1847 mètres exactement), identifier les victimes… Grâce à la collaboration de différents services de Police Judiciaire et notamment l’intervention des effectifs de Police Technique et Scientifique, 86 victimes seront identifiées en moins de cinq jours.
Mais comment la PTS intervient elle dans le cadre de constatations sur une scène d’attentat aussi appelée scène de catastrophe de masse ? Quelles sont les méthodes déployées par les services lors de catastrophe de masse et les moyens mis à leur disposition ? A travers les explications d’un Technicien PTS, qui est intervenu à Nice, nous allons vous détailler le travail effectué par la PTS sur cette scène de crime hors normes.
La gestion des scènes d’attentat : un protocole bien particulier
Dans un deuxième temps, les services de secours sont envoyés sur place : pompiers et SAMU arrivent et réalisent un premier « tri » des victimes : urgence absolue, urgence relative… les victimes qui sont les plus gravement blessées seront envoyées au plus vite dans des hôpitaux définis.
« Les personnes décédées seront laissées sur place », précise Jérôme. « C’est à ce moment-là que les effectifs de la PTS vont intervenir avec le service enquêteur saisi du dossier ».
Comme sur toute scène d’infraction, les effectifs de la PTS sont chargés d’accompagner et d’assister les Officiers de Police Judiciaire en charge des investigations dans les constatations. Dans une scène d’attentat, bien souvent très étendue, il est nécessaire d’effectuer un quadrillage et de créer des zones. C’est ce qui a été fait pour les attentats de Nice : 16 zones ont été créées pour ne passer à côté d’aucun élément et être en mesure d’analyser chaque partie avec la plus grande des minuties. Ces zones ont permis de couvrir les recherches sur l’entièreté de la scène, longue de presque 2000m.
L’entrée en scène de la PTS
Les effectifs de la PTS ont ensuite plusieurs missions à réaliser et sont répartis en plusieurs unités.
Les constatations sur les lieux
Ils réalisent ensuite des photos, du général au particulier : l’idée est d’avoir des vues générales de la scène, des vues plus rapprochées pour situer les indices et des vues de détail.
Des plans sont également réalisés avec des prises de côtes : il s’agit de savoir avec précision où étaient situés les différents éléments lorsqu’ils ont été retrouvés sur la scène
Enfin, les objets et les différentes traces sont prélevés, conditionnés et placés sous scellé.
Le matériel à disposition de la PTS
La majorité des services d’intervention de la PTS qui sont susceptibles d’intervenir sur les scènes d’attentat sont dotés de « mallettes attentat », préparées en amont et prêtes à être utilisées rapidement en cas de déploiement des équipes sur une scène.
Elles contiennent entre autre :
– du matériel pour baliser les lieux : rubalise…
– des cavaliers, légèrement différents de ceux utilisés sur les scènes de crimes classiques, qui permettent de matérialiser les différents éléments présents.
– du matériel pour réaliser les prélèvements : écouvillons stériles, pinces, scalpels, compresses stériles…
– du matériel pour le conditionnement : enveloppes, bocaux, sacs poubelle…

