Les éléments matériels (3/3)

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Luger P06

 

Luger P06

Les pistes, toutes convaincantes au départ, s’épuisent les unes après les autres. Deux ADN non identifiés ont été prélevés dans la voiture par les Techniciens en Identification Criminelle de la Gendarmerie. Et souvenez-vous, lors des constatations sur les lieux du crime, ils ont également prélevé des douilles au sol et des fragments de crosse.

 

Leur analyse ont permis d’identifier le modèle d’arme qui a servi à la tuerie : il s’agit d’un Luger P06 suisse, un pistolet ancien qui a été utilisé notamment par la Gendarmerie française jusqu’en 1949.

Le FNIB
Le Fichier National d’Identification Balistique, commun aux services de Police et de Gendarmerie, est un formidable outil qui peut permettre de réaliser des rapprochements entre plusieurs affaires. Lorsqu’une arme est récupérée sur une scène de crime, les experts balistiques procèdent à des tirs et repèrent des éléments caractéristiques sur les munitions tirées ou les douilles (des rayures par exemple). Ces éléments caractéristiques, cette « signature » de l’arme est entrée dans le fichier et permet de savoir si elle a déjà été retrouvée dans de précédentes affaires. Un peu à la manière du FAED lorsque l’on compare les empreintes de l’individu à celles présentes dans le fichier !

Le chargeur de cette arme possède 8 balles ; 21 balles ont été tirées en tout sur la scène de crime, ce qui signifie que le tueur avait sur lui trois chargeurs totalement approvisionnés. Elles ont toutes été tirées par la même arme ; on peut donc en déduire que l’homme était seul, et qu’il savait parfaitement la manier.
Les experts s’accordent pour dire que tirer autant de balles en moins de 90 secondes n’est pas un acte à la portée de n’importe quel tueur, surtout avec une arme aussi ancienne que ce pistolet.

 

Les enquêteurs émettent alors une énième hypothèse…

… le collectionneur d’armes

Et un individu pourrait bien avoir le profil idéal pour les enquêteurs. Il s’agit d’un ancien Policier Municipal dont le téléphone a, le jour du crime, borné dans la zone de la tuerie. Il ne travaillait pas. Réputé pour être profondément raciste, xénophobe et colérique, il habitait à proximité du sentier forestier et possédait une arme identique à celle ayant servi à la tuerie. Mais quel aurait été son réel mobile ? Une fois de plus, la piste ne mène nulle part.

Près de 15 ans après, le mystère reste entier

L’enquête est toujours en cours. Aucun individu n’a été formellement identifié comme l’auteur de la tuerie, mais comme vous l’avez vu, de multiples individus ont été suspectés et le sont encore. On ne sait pas clairement qui était visé ; la famille Al-Hilli, Sylvain Mollier…
Une autre hypothèse, celle d’un « tireur fou », circule également. Personne n’aurait été réellement visé, le tueur était simplement sur place pour abattre un maximum de personnes.

Le dossier lourd de près de 90 tomes a été confié au Pôle « Cold Case ».

Le PCSNE
Créé en Mars 2022, le Pôle National des Crimes Sériels ou non Elucidés a pour mission de se saisir d’anciens dossiers pour éviter qu’ils ne tombent dans l’oubli. Des magistrats dédiés sont alors désignés pour s’occuper pleinement de chaque dossier, mobiliser des moyens d’enquêtes spécifiques, en France mais aussi à l’international, centraliser des procédures pour recouper des faits…. 131 procédures sont actuellement entre leurs mains.

Les enquêteurs tentent à présent d’établir un lien avec une autre affaire, celle de Xavier Baligant, tué de quatre balles dans la tête sur une aire d’autoroute près de Nancy en 2011, également avec une arme d’origine suisse. Y a t’il un rapport entre ces deux affaires ?

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