La suite de l’enquête (2/3)

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L’enquête démarre au Portugal

La ville de Praia da Luz et la campagne environnante sont ratissées ; des centaines de policiers et gendarmes sont déployés pour fouiller des véhicules et les moyens mis en place sont très importants.

Un individu est rapidement suspecté ; il s’agit de Robert MURAT, un homme qui a aidé aux recherches et a servi de traducteur entre les époux McCann et les autorités portugaises. Il a presque « trop » aidé, et son comportement a été décrit comme étrange par des journalistes présents sur place pour couvrir l’affaire.

« On subissait une telle pression qu’on a été forcé d’enquêter sur les pistes que certains voulaient qu’on suive », déclare Gonçalo AMARAL, Directeur du Service d’Enquête Criminelle.

Sa villa est perquisitionnée : du matériel informatique est saisi, son terrain est retourné, sa piscine vidée… La piste ne donnera rien.

De son côté, le couple McCann remue ciel et terre pour retrouver leur fille ; ils placardent des affiches, sursollicitent les médias pour que la disparition reste sous le feu des projecteurs… ce comportement finit par attirer les soupçons sur eux.
La Police Judiciaire suspecte à présent les époux d’avoir provoqué accidentellement le décès de leur fillette puis d’avoir « maquillé » cela en enlèvement. Souvenez-vous, Kate avait indiqué avoir retrouvé le volet et la fenêtre ouverts lorsqu’elle était venue vérifier que tout allait bien dans la chambre de Maddie vers 22h ; or, ils ne s’ouvrent que de l’intérieur, et aucune trace d’effraction n’a été relevée par les Policiers. De plus, le lit de la petite fille n’était pas défait, ses vêtements étaient correctement pliés dessus. Tous ces éléments ont orienté les soupçons vers les parents… et plus particulièrement sur Kate.

Les constatations scientifiques se précisent

En parallèle, des constatations sont réalisées dans l’appartement et dans la chambre dans laquelle dormait la fillette. Malheureusement, rien n’a été laissé en état ; de nombreuses personnes sont intervenues la veille, à la recherche de Maddie, et n’ont pas sécurisé ni placé les lieux sous scellé. La scène est polluée et les recherches des traces et indices sont donc compromises : du propre aveu du directeur d’enquête de l’époque, les lieux ont été traités comme s’il s’agissait d’un banal cambriolage et aucune précaution n’a été prise.

Le saviez-vous ? Le rôle des premiers intervenants
Avant de démarrer une quelconque recherche de traces et indices, il est essentiel de sécuriser les lieux et d’en interdire l’accès pour préserver au maximum d’éventuels indices. Des Policiers actifs sont là pour assurer la mission de sécurisation (vérifier que les lieux sont évacués par exemple) et peuvent commencer à interdire l’accès en bloquant les issues en attendant que les effectifs de Police Scientifique arrivent sur les lieux. Ensuite, c’est à la PTS de jouer ! Installation des rubalises, et protection des indices pouvant être altérés par les conditions météorologiques par exemple.

Des chiens renifleurs sont tout de même envoyés sur place depuis le Royaume-Uni puisqu’à l’époque, il n’y en a pas au Portugal. Leur mission : suivre la piste de Maddie mais aussi détecter d’éventuelles traces de sang.
Les chiens vont « marquer » dans l’appartement, dans le jardin, sur les vêtements de Maddie, mais également dans la voiture louée par les parents 25 jours après la disparition de la fillette. Plusieurs traces de sang sont détectées par les chiens à ces différents endroits et sont donc effectués et envoyés en analyse.

 

Les parents sont mis en examen et entendus par les enquêteurs mais ils nient avoir joué un quelconque rôle dans la disparition de leur petite fille. Ils sont laissés libres ; la pression médiatique est telle que, quatre mois plus tard, ils décident de rentrer en Angleterre avec leurs jumeaux.

C’est à ce moment-là que les résultats des traces de sang détectées par les chiens tombent : le rapport ne peut pas conclure à 100 %» que ce sang soit celui de Maddie, mais il ne permet pas de donner une réponse exacte. Si l’appartement avait été préservé des contaminations, peut-être ces traces de sang auraient pu livrer davantage d’informations ?
La Police portugaise est alors convaincue que le laboratoire britannique qui a réalisé les analyses a été soudoyé par le couple McCann pour livrer ces conclusions. Également, des cheveux retrouvés dans la voiture de location n’ont pas été analysés ; la Police portugaise y voit une nouvelle preuve de l’intervention des époux pour faire « saboter » l’enquête et échapper à la mise en lumière de leur culpabilité.

Les cheveux : ADN ou pas ADN ?
L’ADN nucléaire permettant de dresser le profil génétique complet d’un individu est contenu dans le bulbe du cheveu. Dénué de son bulbe, seul l’ADN mitochondrial contenu dans la tige capillaire peut être analysé. A lui seul, il ne permet pas de dresser de profil génétique, mais donne un métotype (profil d’ADN mitochondrial, moins discriminant car partagé par une partie de la population) . Un cheveu peut également livrer des informations intéressantes : par exemple, l’éventuelle présence de drogues ou de produits toxiques ingérés par le passé.

En 2008, soit un an et deux mois après la disparition de Maddie, la Police portugaise classe l’affaire, faute de preuves et d’éléments nouveaux.

L’enquête se poursuit en Grande-Bretagne

En 2011, les époux McCann obtiennent que la Police britannique ouvre à nouveau le dossier. Contrairement à leurs homologues portugais, les policiers de Scotland Yard ne croient pas en la culpabilité des parents de la fillette, mais soutiennent bel et bien l’hypothèse de l’enlèvement. Ils sont donc à la recherche d’un ravisseur. Mais l’enquête s’enlise ; les enquêteurs re-analysent des pièces du dossier, sans succès. Aucun nouvel élément n’arrive. Les années passent : Maddie a disparu depuis maintenant 13 ans…
Mais en 2020, un procureur allemand fait une déclaration retentissante.

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