Saint-Anne : Fusillade aux Antilles

Une soirée privée au restaurant « Le Touloulou » a connu un épilogue très sanglant tôt ce dimanche matin, avec une série de coups de feu à l’emporte-pièce. Le bilan est dramatique : deux morts, âgés de 22 et 33 ans ; un blessé très grave et cinq autres hospitalisés.

Au départ : une soirée d’anniversaire. Au final : un bain de sang. « On parle d’une simple fête privée et on observe, au minimum, 5 à 10 personnes venues avec des armes de poing. Tout cela interpelle. Cela pose aussi la question de la facilité de l’usage des armes à feu qui est problématique » , constate Eric Corbaux, le procureur de la République, bien décidé à réagir face à des « faits graves » .
Pour commencer l’année, le bilan est déjà lourd : deux morts (Steeve Laurence, 22 ans et Jacquelin Pierre-Paul, 33 ans), un blessé très grave dans le coma et cinq blessés hospitalisés. Tous touchés par des impacts de balles. Pompiers et gendarmes ont été alertés vers 1 heure 45 ce lundi matin à la suite d’une fusillade importante devant le restaurant « Le Touloulou » à Sainte-Anne. Mais, à leur arrivée, les participants à la soirée avaient presque tous déserté et une seule victime était encore présente. Pris en charge par les pompiers et acheminé au CHU La Meynard, le blessé est décédé peu avant son arrivée.
Un autre jeune, également touché par un tir d’arme à feu et conduit à l’hôpital par ses propres amis, a succombé une fois admis aux Urgences. Dans la confusion la plus totale (les pompiers ayant dû récupérer certaines victimes à leur domicile), six autres blessés, dont un dans un état très grave, ont été admis au CHU.
Dans le même temps, pour ajouter à la cohue, deux jeunes à scooter ont tenté de forcer les barrages de police à l’entrée de l’hôpital. Lourdement armés – un 38 spécial et un pistolet automatique 9 mm chargé -, ils étaient visiblement venus pour en découdre avant d’être appréhendés, non sans difficulté, par les effectifs du Groupe d’Appui de Nuit et de la Brigade Anti-Criminalité. Les deux hommes, dont un mineur de 17 ans, ont été placés en garde à vue et leurs armes saisies. Les investigations, notamment balistiques et leurs auditions devraient permettre de déterminer leur degré d’implication, ou pas, dans les premiers faits commis à Sainte-Anne.
FUSILLADE FILMÉE EN PARTIE PAR LA CAMÉRA DE SURVEILLANCE
Toute la journée d’hier et encore celles à venir, une cinquantaine de gendarmes ont épluché la scène de crime. Le périmètre est très large puisque les coups de feu auraient commencé devant le parking du « Touloulou » pour se poursuivre sur la plage. Toute la scène a été bouclée hier et passée au peigne fin par les techniciens en identification criminelle. « Nous avons un très lourd travail de constatation technique à mener » , décrit le colonel Philippe Debarge, commandant de la gendarmerie de Martinique. « À la fois sur la scène de la fusillade mais aussi dans les véhicules ayant emmené les victimes à l’hôpital » .
Parallèlement aux investigations techniques, au moins une quarantaine de témoignages avaient été recueillis hier, afin « de fournir une chronologie plus précise des faits » . À ce stade, les enquêteurs n’avancent aucune hypothèse sur l’origine du différend. « Nous avons deux groupes d’individus qui ont échangé des coups de feu. Un certain nombre de personnes sont concernées mais sont considérées comme des victimes dont il faut rétablir l’intégrité physique dans un premier temps » , poursuit le colonel Debarge. Victimes, au lourd passé judiciaire, pour certaines d’entre elles.
La plupart des protagonistes de cette soirée, 20 à 30 ans en moyenne, seraient originaires de Fort-de-France et du Lamentin. Avaient-ils déjà un contentieux à régler ? Une simple altercation aurait-elle fait basculer la fête dans la violence ? L’exploitation de la caméra de surveillance constituera certainement un élément crucial pour faire avancer l’enquête.
« Ces faits relativement inédits en début d’année et extrêmement graves ne resteront pas impunis. Le nombre d’homicides, de tentatives d’homicide a été important en 2013. Au niveau judiciaire, avec les forces de police et de gendarmerie, nous allons tout faire pour que ce ne soit pas la marque de 2014 » , prévient le procureur de la République, Eric Corbaux.
SOURCE : http://www.martinique.franceantilles.fr