Interview de deux candidats admis au concours ASPTS 2017

Il y a un an, Pauline C., 25 ans, a réussi le concours ASPTS. Nous revenons avec elle sur son parcours et sa première année dans la police technique et scientifique (PTS).

 

Bonjour Pauline, peux-tu te présenter ?

Je m’appelle Pauline, j’ai 25 ans, je suis titulaire d’un Bac ES et je suis dans la police nationale depuis 3 ans. J’ai commencé ma carrière dans la police en tant qu’ADS (Adjoint de Sécurité), j’en ai profité pour passer l’habilitation polyvalent1 parce que j’étais attirée par la PTS. J’ai par la suite passé le concours gardien de la paix pour avoir plus d’expérience professionnelle. En effet, je me suis dit qu’à défaut d’avoir des diplômes scientifiques j’aurais au moins une meilleure expérience professionnelle. Une fois gardien, j’ai passé le concours ASPTS en interne, et je l’ai eu.

Quand as-tu passé le concours ASPTS et dans quel(s) SGAMI?

J’ai passé le concours pour la 1ère fois en 2012 dans le SGAMI sud-ouest (à l’époque ça s’appelait sud-ouest) en externe et je n’ai pas eu l’écrit, pour être honnête, je n’étais pas particulièrement douée en maths. J’ai repassé le concours une seconde fois en 2016 en Île-de-France, toujours en externe et je ne l’ai pas eu non plus.
C’est en Juin 2017, quand je l’ai passé en interne, que j’ai finalement obtenu le concours. Lorsque j’ai passé le concours la 1ere fois à Toulouse en externe, je me suis rendue compte de la difficulté du concours. Sans diplôme scientifique je me suis dit que je n’y arriverai pas en externe, c’est d’ailleurs pour ça que j’ai voulu entrer dans la police, pour avoir la possibilité de le passer en interne.

« Pour le concours […], une seule solution: travailler »

Comment t’es-tu préparée au concours?

Pour les écrits, c’est votre plateforme qui m’a vraiment beaucoup aidé. Quand on achète des annales il n’y a pas tout. Avec la prépa j’ai pu en plus poser des questions, faire des devoirs de français qui m’ont été corrigés. Il y a énormément de choses, ça m’a beaucoup aidé et je ne sais pas si j’aurais réussi l’écrit sinon. Mon point noir c’était vraiment l’écrit.
J’ai également travaillé l’oral sur la plateforme et aussi beaucoup sur votre site : tout ce qui est historique, l’organisation de la PTS en France, les affaires criminelles… J’ai également acheté beaucoup de livres en particulier le livre « Police scientifique les experts au cœur de la scène de crime » qui est vraiment bien fait. Mon expérience professionnelle et la formation polyvalent que j’avais suivi en tant qu’Adjoint de Sécurité m’ont aussi beaucoup aidé au moment des oraux.

Comment s’est déroulé le post-concours?

Après les résultats j’ai du envoyer pas mal de papiers pour l’administration, puis 2-3 semaines après j’ai effectué une visite médicale pour voir si j’étais apte à faire se métier. Suite à cela j’ai attendu. Nous avons eu les résultats en septembre et j’ai été affectée le 1er décembre pour une prise en service le 4 décembre !

 

Comment se sont passées les affectations?

Après 2 mois et demi nous avons reçu une convocation avec la liste des postes pour avoir une idée de ce qui nous attendait et nous laisser un peu temps pour nous renseigner sur les postes, appeler les services etc… Le choix des postes s’est fait directement à la Préfecture de Police de Paris. Une fois au rendez-vous de la convocation, les internes sont passés en premier dans l’ordre de leur classement.
J’ai choisi mon poste un vendredi matin, le vendredi après-midi j’ai du me rendre à la DDSP (Direction Départementale de la Sécurité Publique) pour me présenter et lundi je commençais au service. Ça ne laisse pas beaucoup de temps, pour une personne qui n’a pas d’appartement parce qu’elle ne sait pas ou elle est affectée, ce n’est pas évident. Mais je crois qu’il s’agit la d’une particularité du SGAMI Île-de-France.

Quel service as-tu choisi?

J’ai choisi un poste dans un SLPT (Service Local de Police Technique), il s’agissait de mon second choix.

Comment s’est passée ton intégration, tes premiers pas dans le service?

Tout s’est très bien déroulé. Mes collègues m’ont expliqué comment ça se passait, un collègue très pédagogue m’a tout de suite mise dans le bain et m’a expliqué la photographie, les traces etc.. Ils m’ont vraiment laissé manipuler dès le début, ils m’ont fait confiance, ils m’ont emmené sur les interventions et m’ont fait participer. C’est vrai que c’était bien d’être dans le bain de suite, ça permet de mieux intégrer le métier et surtout pour la formation à Écully2, je vois que j’ai appris pas mal de chose au service et ça m’aide beaucoup.

Tu viens de mentionner la formation à Écully, peux-tu nous parler des stages et formations ?

Mi-janvier 2018 nous sommes allés à l’ENP (École Nationale de Police) de Nîmes durant 7 semaines pour apprendre tout ce qui était organisation de la police, utilisation d’une radio, apprendre des notions de procédure pénale, les différents cadres d’enquête, comment fonctionne un commissariat… A l’issue de cette formation, pendant 2 semaines j’ai fait un stage en commissariat. Je suis allée en police secours, au standard, aux appels, en brigade avec les OPJ (Officier de Police Judiciaire) pour voir comment ils travaillent.
Puis j’ai fait Écully, j’ai fait le stage PTS base qui correspond à tout ce qui dactyloscopie, traces papillaires : comparaison, exploitation, démonstration d’identité et l’imagerie numérique puis le stage PTS 1 qui correspond à la gestion de scène d’infraction et à la signalisation.

Peux-tu nous décrire une journée type au service?

Nous commençons à 8h30, si il n’y a pas d’interventions, on va prendre les traces de la BT (Base technique) relevées sur le terrain et on va les exploiter et les envoyer au FAED (Fichier Automatisé des Empreintes Digitales), puis on va traiter nos dossiers en cours : rapports, albums photographiques, plans.
Pour ce qui est des interventions on va intervenir plutôt sur la grande délinquance: les vols fausse qualité, les vols à main armée, des viols, des homicides où l’auteur a été interpellé. Par contre si l’auteur est inconnu on est dessaisi pour la PJ. Nous intervenons également pour des suicides, des découvertes de cadavre et nous assistons aux autopsies pour faire les photos.

« il ne faut pas se baser sur tout ce que l’on voit à la tV »

Quels conseils donnerais-tu aux futurs postulants de ce concours?

De bien se renseigner sur le métier avant de passer le concours, c’est d’ailleurs pour ça que j’ai fait ADS et Gardien de la paix avant, pour être sûre que ça allait m’intéresser, parce que c’est vrai qu’un externe qui passe le concours n’a pas forcement une vision précise de ce qui l’attend. Il ne faut pas se baser sur tout ce que l’on voit à la TV, il faut acheter un maximum de livres pour se renseigner et passer dans des commissariats pour demander à rencontrer des ASPTS et faire si possible une journée dans un SLPT. Pour moi la priorité c’est vraiment de savoir où l’on met les pieds. Pour le concours en lui-même, une seule solution: travailler! Je conseille aussi la plateforme, c’est payant certes mais au final quand on a le concours on se dit que ça valait le coup. Il ne faut pas se limiter, si on veut réussir il faut foncer!

Merci beaucoup Pauline et surtout bonne continuation !

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1 : habilitation au relevé des traces papillaires sur des affaires de petite délinquance, cette habilitation est destinée au personnel actif de la police nationale
2 : petite ville proche de Lyon où se déroule la formation des personnels de la police technique et scientifique
NB: Pauline est un prénom d’emprunt pour des raisons de confidentialité

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