L’expertise génétique de la police scientifique de Marseille

À Marseille, le laboratoire de l’institut national de police scientifique est passé au stade industriel pour répondre à l’inflation des demandes d’expertises génétiques

Logo INPS police scientifique laboratoire MarseilleDépositaire de près de soixante-dix ans d’expertise dans les disciplines de la criminalistique, le laboratoire de police scientifique (LPS) de Marseille fait face à la montée en puissance, depuis cinq ans, de la sollicitation de ses savoir-faire pour lutter contre la délinquance de masse. En pointe dans ce combat, la section biologie s’est adaptée pour répondre aux besoins des enquêtes « tout ADN ». Elle est suivie de peu par la section toxicologie, spécialisée dans la recherche de traces d’alcool ou de stupéfiants dans l’organisme, partie intégrante de la politique de sécurité routière.

En charge de ce LPS, l’un des six dont dispose l’institut national de police scientifique (INPS), le directeur Philippe Schaad accompagne depuis trois ans la réorganisation de ses services. L’enjeu ? Traiter toujours davantage de dossiers, dans des délais sans cesse plus courts, tout en faisant progresser la qualité des résultats.

Boom du tout ADN

« L’INPS est de plus en plus sollicité par les services enquêteurs, confirme Philippe Schaad. La biologie représente les neuf dixièmes de son activité. Elle a représenté, en 2011, plus de 33 000 saisines qui ont donné lieu à 118 000 prélèvements. Soit 41 % de plus qu’en 2010 et 160 % de plus qu’en 2008. »

L’expertise ADN est indissociable du fichier national automatisé des empreintes génétiques (FNAEG), qui dépend de la direction générale de la police nationale. Près de deux millions de profils ADN d’individus ou de traces prélevées sur des scènes d’infractions y sont stockés pour comparaison.

À l’origine réservé aux affaires de viol, puis étendu aux crimes de sang et au banditisme, le FNAEG concerne désormais les atteintes aux biens les plus basiques : cambriolages, vols de voitures…

Pour traiter des volumes d’analyses conséquents, sans que cela soit au détriment de la qualité, il a fallu industrialiser et automatiser les procédés. L’œil de l’expert reste toutefois irremplaçable pour le prélèvement, début de l’analyse et pour son interprétation en fin de processus.

« Dès 2008, le LPS de Marseille a été adapté en locaux et en personnel. Depuis, nous révisons en permanence nos procédés d’analyse, pour améliorer la performance, réduire les délais et les coûts. C’est l’une des obligations pour obtenir et conserver le label du comité français d’accréditation (COFRAC). Il nous soumet chaque année à un audit. »

Sécurité routière, l’autre priorité

Toujours dans le but d’améliorer la qualité du service rendu, le LPS a créé dernièrement une division « identification de la personne ». Placée sous la direction de Marie-Claude Belrivo, ingénieur en chef, elle regroupe les sections biologie génétique, empreintes digitales et documents.

Prochainement, une division « chimie » associera les experts en toxicologie, en incendie, en stupéfiants et en physico-chimie. La section toxicologie a une très forte activité à Marseille. « Le dépistage de l’alcool et des stupéfiants dans le sang, au titre de la prévention routière, est un enjeu national, rappelle Philippe Schaad.Le nombre des morts sur la route a considérablement baissé. Nous sommes l’un des acteurs de cette politique. »

Publié le 12/04/2012 © www.varmatin.com