Police Scientifique, peut mieux faire

Les 3/4 des empreintes et des traces ADN relevées sur les petites infractions sont inexploitables.

Des dizaines de milliers d’empreintes et de traces ADN sont jetées chaque année à la poubelle, selon des informations d’Europe 1. La raison ? La plupart des relevés effectués, sur les infractions qui touchent un grand nombre de victimes  comme les cambriolages ou les vols de voitures , sont inexploitables.

10.000 « experts low cost »

C’est pourtant pour résoudre un maximum d’affaires que le ministère de l’Intérieur a développé, depuis quatre ans, la Police technique et scientifique (PTS) de masse. Elle consiste à faire des relevés d’empreintes sur toutes les petites infractions. Problème : pour traiter un si grand nombre de délits, la direction de la sécurité publique fait faire ces prélèvements à de simples policiers.

Ils sont 10.000 « experts low cost », appelés policiers polyvalents, à ainsi pratiquer ces relevés en plus de leur mission habituelle. Ils sont formés à la va-vite, dénonce une vraie experte, Carole Dubustos jointe par Europe 1. Cette déléguée syndicale SNPPS (syndicat national des personnels de police scientifique) déplore que leur formation ne « dure que quatre jours. On leur apprend tout d’un bloc et ils n’ont pas le temps de pratiquer ». En outre, explique-t-elle, les policiers formés ne sont pas toujours volontaires.

traces ADN police scientifique 70% de prélèvements inexploitables

Résultat : par manque d’expérience, certains policiers polyvalents relèvent des empreintes digitales et des traces ADN qui sont inutilisables. C’est ce que constate Nicole Héliès, secrétaire générale du SNPPS : « on s’est rendu compte qu’à peu près 70% des prélèvements effectués sur le terrain, après analyse, ne donnaient aucun profil ».

Pour autant, ces analyses infructueuses ne coûtent pas plus cher à l’Etat, car les budgets d’analyse sont financés à l’avance dans le cadre de marchés publics.

Guéant pointe « l’augmentation » de réussite des enquêtes

La Direction Centrale de la Sécurité Publique (DCSP) reconnaît le problème mais préfère souligner les gros progrès en la matière. L’an dernier, 40,15% des cambrioleurs présumés interpellés ont été identifiés grâce au travail des experts. De son côté, le ministre de l’Intérieur Claude Guéant a souligné lundi matin, à l’Institut de Recherche Criminelle de la Gendarmerie Nationale, que les progrès de la Police Technique et Scientifique avaient permis l’ « augmentation » de réussite des enquêtes.

Si les prélèvements sur le terrain étaient de meilleure qualité, ces résultats seraient encore plus spectaculaires. Car en 2011, seuls 12,7% des cambriolages ont été élucidés, selon la DCPJ, alors que 92,77% des lieux cambriolés avaient fait l’objet de relevés d’empreintes.

Source Par MS et Guillaume Biet © http://www.europe1.fr