ADN – Evolutions

L’Evolution liée à l’identification génétique

D’autres types de techniques, alternatives aux techniques utilisant les STR actuels commencent à apparaître sur le marché comme celle utilisant les SNPs.

Les SNPs

ADN SNP evolution police scientifiqueLes SNPs (ou Single Nucleotide Polymorphism) sont des polymorphismes de séquence qui se mettent en évidence par la variation d’un seul nucléotide. Par exemple, les deux séquences ADN de deux individus, AAGCCTA et AAGCTTA auront pour seule différence le nucléotide en cinquième position C ou T. Pour ces individus, il n’y a alors que deux allèles possibles C ou T et trois génotypes CC, CT ou TT (allèles des deux chromosomes).

Le polymorphisme des SNPs est donc très limité. Cet inconvénient peut être compensé par le nombre de SNPs analysés. L’analyse de 30 à 50 SNPs pourra ainsi permettre d’obtenir un pouvoir de discrimination proche de celui obtenu avec 13 STR. L’inconvénient majeur des SNPs reste de rendre impossible la détection de mélange. Dans le cas de l’analyse des STR en multiplex, un mélange se détecte facilement par l’apparition d’un 3ème ou 4ème pic correspondant à un 3ème ou un 4ème allèle. Dans le cas des SNPs, il ne peut y avoir que deux allèles et le mélange devient impossible à détecter.

Malgré cela l’analyse des SNPs offre de nombreux avantages et ouvre la voie à de nouvelles applications :

puce ADN police scientifique• Il est possible d’analyser un grand nombre de SNPs en une seule opération ce qui permet d’obtenir des résultats en des temps records à l’aide de dispositifs miniaturisés développés sous le terme de “puces à ADN” (voir ci-contre)

• Leur utilisation permet l’emploi d’amorces de petite taille qui vont permettre d’obtenir des profils exploitables dans des cas où les analyses par STR ne seraient pas concluantes. Si on prend l’exemple d’un ADN très dégradé, les STR de 50 ou 100 nucléotides ont beaucoup plus de possibilités d’être fragmentés et donc le profil ADN inexploitable alors que des SNPs permettraient d’obtenir un profil génétique exploitable. De plus, même après l’utilisation de la PCR les produits d’amplification garderaient l’avantage d’être d’une longueur inférieure à 100 nucléotides.

• Le séquençage complet de l’ADN humain a ouvert la voie à l’identification de gènes qui déterminent des caractères morphologiques comme la couleur des yeux ou des cheveux. Ces gènes diffèrent par un polymorphisme de séquence. L’analyse des SNPs correspondants permettra donc de connaître certains caractères morphologiques de manière automatisé et en un temps record.

• L’utilisation des SNPs est tout à fait adaptée à l’analyse de l’ADN mitochondrial qui possède un polymorphisme de séquence.

Le passage de l’analyse de STR à l’analyse de SNPs reste soumise à une évolution du FNAEG, qui possède uniquement les données exploitées à partir de kits multiplex de référence (allèles des 15 STR). Les profils génétiques actuellement dans la base ne pourraient donc pas être comparés avec les données d’une analyse par SNP. De plus les kits FTA, utilisés pour établir les profils génétiques des personnes mises en cause, sont détruits après analyse et il est donc impossible de reprendre les analyses pour établir de nouveaux profils génétiques.

Progrès et limites de l’ADN

ADN evolutions Les évolutions techniques en matière d’analyses ADN permettent aujourd’hui de déceler et d’analyser des traces de quantité de plus en plus faible. Grâce à la PCR, les quantités analysées pour obtenir un profil génétique satisfaisant sont d’environ une centaine de cellules. Pour autant, malgré ces progrès, un profil ADN ne fournit pas l’adresse et le numéro de téléphone du suspect. Les analyses génétiques restent bien sûr indissociable de l’enquête classique. Une identification ADN n’est jamais une preuve de culpabilité d’autant plus que la trace n’est pas toujours pertinente. Enfin, il existe toujours, aussi faible soit-elle, une possibilité de coïncidence fortuite entre une trace et un individu. Cela s’est déjà produit en 1999 avec l’Anglais Raymond Easton. Cet homme de 49 ans s’est vu accuser d’un cambriolage à partir de la découverte d’une trace ADN découverte à plus de 300km de chez lui. Bien qu’atteint de la maladie de Parkinson, pouvant à peine se vêtir et ne pouvant se déplacer seul, il a passé plusieurs mois en prison pour cette affaire avant que les autorités ne reconnaissent qu’il s’agissait d’une correspondance fortuite. Son profil ADN avait pourtant une fréquence de 1 sur 37 million (6 STR analysés). Les autres éléments d’enquête avaient été complètement négligés.

Dans les années à venir, au vu de l’évolution engendrée par l’ADN ces deux dernières décennies, il est difficile de prédir quelles seront les changements majeurs. Des experts réfléchissent déjà à un fichage plus généralisé dès la naissance, d’autres cherchent à améliorer la détection sur les lieux ou travaillent sur l’amélioration de la rapidité et du cout des analyses. Le potentiel étant énorme voir “effrayant” la sécurisation des données (données anonymes avec code barre, système informatique sécurisé) et leur possibilité d’exploitation, reviendra inlassablement au centre du débat